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Vingt ans plus tard, la Slovénie de Miro Cerar s’inspire-t-elle d’Édouard Balladur et Jacques Toubon ? Une nouvelle loi, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet 2016, prévoit la diffusion de quotas de chansons slovènes à la radio. L’objectif avoué, tenter de renforcer la (petite) création locale, en peine face aux mastodontes anglo-saxons. Hormis les stars du rock industriel Laibach (Ljubljana dans la langue de Goethe), bien peu d’artistes slovènes ont connu le succès hors des frontières nationales. Aujourd’hui, Denis Jašarević aka Gramatik a repris le flambeau, mais depuis Brooklyn. Vu la petitesse de la scène slovène et le peu de locuteurs, il est difficile d’exporter. Positionnée tout à l’ouest de la Yougoslavie, la Slovénie a longtemps incarné l’avant-garde musicale dans la fédération titiste. C’est par là qu’est d’abord arrivé le rock n’ roll dans les années 50, puis le punk à la fin des 1970s. Voilà un panorama subjectif de 50 années de rock slovène.
Dr. Smeđi Šećer vient de Rijeka, sur la côte croate. Là-bas, on le connaît pour son travail de digger à la recherche des pépites oubliées de l’histoire musicale yougoslave. L’origine de cette sélection sur le «groove tsigane» remonte à 2014. À l’époque, Smeđi Šećer redécouvre par hasard un vinyl de sa collection : le premier LP de la diva rom Esma Redžepova. Jusque là, les musiques traditionnelles et tsiganes ne l’avaient jamais vraiment passionné, mais depuis lors, elles sont devenues une obsession. Il se met à fouiller avec acharnement les piles de vieux disques décatis à la recherche de ces trésors, qui sont aujourd’hui devenus des raretés compte tenu de leurs petits pressages. Souvent, à peine 1000 copies étaient mises en vente. «Dans les années 1960-70 et jusqu’au milieu des années 80, cette forme originelle de musique balkanique partageait les principaux attributs de la funk afro-américaine : groove hypnotique, rythmes syncopés, breaks percussifs, appel et réponse, psychédélisme et solos complètement fous. C’est particulièrement vrai pour les musiciens qui viennent du sud de la Serbie.» «Avec cette sélection, j’ai voulu rendre hommage à cette funk tsigane des Balkans. J’ai essayé de mettre en lumière les expérimentations de l’époque, avec les premières électrifications de l’accordéon, l’incorporation des synthétiseurs dans les orchestres roms tout en rendant hommage à l’esprit de cette musique authentique.»