Musique : pourquoi le turbofolk de Sinan Sakić fait-il si peur à la « Serbie d’en haut » ?

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Sinan Sakić a vendu plus de 10 millions de disques. En juin, plusieurs dizaines de milliers de fans sont venus l’applaudir à Belgrade pour fêter ses quarante ans de carrière. Malgré sa popularité, les élites n’ont jamais cessé de mépriser sa musique aux accents orientaux. Serait-ce parce qu’elle contrecarre leur projet d’« occidentalisation » de la Serbie ?

Par Ivan Mandić Non, ce qui gêne les médias, ce sont les sonorités orientales de la musique de Sinan Sakić et de Južni vetar. Des influences qui ont toujours suscité l’irritation des élites depuis que le groupe a commencé à faire fureur au début des années 1980. La Serbie semble avoir du mal à accepter l’héritage oriental, symbole de la longue présence ottomane, qui transpire dans les mélodies de ce « Vent du sud » et avec lequel les intellectuels serbes tiennent tant à prendre leurs distances. Ce sentiment d’appartenance culturelle à l’Orient n’est pas à la mode et l’on s’efforce de le cacher avec des bouts de tissus achetés à Vienne pour nous (...)

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