Musique : pourquoi le turbofolk de Sinan Sakić fait-il si peur à la « Serbie d’en haut » ?

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Sinan Sakić a vendu plus de 10 millions de disques. En juin, plusieurs dizaines de milliers de fans sont venus l’applaudir à Belgrade pour fêter ses quarante ans de carrière. Malgré sa popularité, les élites n’ont jamais cessé de mépriser sa musique aux accents orientaux. Serait-ce parce qu’elle contrecarre leur projet d’« occidentalisation » de la Serbie ?

Par Ivan Mandić « Qui a peur du grand méchant loup ? C’est pas nous, c’est pas nous… » Quand on pense à la fameuse comptine, on imagine trois petits cochons fredonner joyeusement dans la forêt et on éprouve de nouveau notre plaisir d’enfant s’identifient aux héros des contes. On joue à se faire peur du loup, ce monstre prêt à tout pour nous croquer tout cru. En Serbie, le grand méchant loup se serait-il réincarné en la personne de Sinan Sakić ? À en juger par le silence médiatique autour du concert donné par la vedette rom du turbofolk à Belgrade pour ses quarante ans de carrière, il faut croire que oui. Le 3 juin dernier, il a joué pendant 2h30 (...)

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