Ena Sendijarević : le cinéma pour jongler avec les identités et dire la violence du monde

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Elle a triomphé au Festival du film de Sarajevo, avec son cinéma radical et engagé. Take me somewhere nice, le road movie de la jeune réalisatrice d’origine bosnienne Ena Sendijarević a obtenu le prix du meilleur long-métrage. Le Courrier des Balkans l’avait rencontrée quelques jours avant cette consécration. Interview.

Par Nikola Radić CdB : Dans tes films, le jeu d’acteur détaché sert-il à montrer l’aliénation des protagonistes et des sociétés ? E.S. : Oui, je veux montrer à travers ce jeu d’acteur stylisé et détaché que les mots prononcés par les protagonistes ne sont pas nécessairement les leurs. Par exemple, lorsque l’un des personnages tient des propos homophobes, l’idée n’était pas d’affirmer que « l’homophobie est à nouveau en vogue », mais de souligner l’absurdité de ces propos. Par le biais de ce détachement, on se rend compte que les protagonistes sont piégés dans une construction sociale qui n’a rien de naturel. À force de se détacher et de rire de la (...)

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