Les inspections menées par la Direction provinciale de la santé d’Istanbul dans les cabinets privés d’une vingtaine de gynécologues-obstétriciens ont relancé le débat sur l’accès à l’avortement en Turquie. Selon l’Association médicale turque (TTB), la Direction de la santé a dressé des procès-verbaux contre les médecins, estimant que l’avortement ne pouvait pas être pratiqué dans les cabinets privés, et a évoqué de possibles sanctions à leur encontre.
En Turquie, l’avortement est légal depuis 1983 jusqu’à la dixième semaine de grossesse. Pourtant, l’accès à l’avortement est depuis longtemps limité dans les faits, notamment dans les hôpitaux publics. Selon une étude fondée sur des données recueillies en 2024 auprès d’hôpitaux publics et privés dans l’ensemble du pays, moins d’un établissement sur trois déclare pratiquer des avortements. Cette proportion n’est que de 5,1 % dans les hôpitaux publics, contre 50,4 % dans le secteur privé. L’étude révèle également que seuls 6,2 % des hôpitaux publics pratiquent des avortements sans imposer de restrictions liées au motif de la demande.
Dans 65 des 81 provinces de Turquie, aucun hôpital public ne propose d’avortement.
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