À Shijon, près d’Elbasan, les pèlerins affluent chaque année vers le monastère Saint-Jean-Vladimir. Certains viennent d’Albanie, d’autres du Monténégro, de Serbie ou de Macédoine du Nord. Ici, les frontières paraissent soudain moins nettes que sur les cartes. Depuis près d’un millénaire, l’histoire du saint relie les mondes albanais et slaves des Balkans.
C’est aussi dans ce paysage de mémoire partagée que se joue, plus discrètement, l’avenir d’une communauté : celui de la minorité monténégrine d’Albanie. Officiellement reconnue depuis 2017, elle reste confrontée à un défi majeur, celui de la transmission d’une identité longtemps préservée dans la sphère familiale, alors que la langue se perd progressivement.
De Shkodër à Elbasan, en passant par Tirana et Durrës, les familles d’origine monténégrine sont aujourd’hui dispersées. Après des décennies sans enseignement dans leur langue maternelle, la question est désormais de savoir ce que les jeunes générations pourront, et voudront, transmettre.
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