La nuit était noire, très noire, ne serait-ce que parce qu’à la campagne, même communiste, il n’y a pas de lumières qui mènent aux trous perdus. Je roulais donc sur une route de campagne, paumé quelque part en Yougoslavie.
Il faisait nuit depuis un bon moment déjà. La neige brillait dans les phares de la voiture. Des arbres, des forêts sombres, des champs gelés, pas une âme, pas même un phare à l’horizon. Juste une clarinette à la radio qui essayait de me faire croire que tout cela était réjouissant.
Il était tard et, au mieux, j’espérais tomber sur un de ces hôtels d’apparatchiks qu’on trouve dans les pays communistes. Il y régnait toujours une bonne humeur de façade, parce qu’il y avait de la vodka, des femmes, un orchestre et des apparatchiks pleins d’eux-mêmes. Je me souviens que, plus tard, à Xi’an, en Chine, j’ai retrouvé les mêmes apparatchiks en train de se saouler, avec les mêmes filles, regardant tout le monde comme s’ils pouvaient vous faire du mal.
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