Lors du Conseil européen du 15 juillet, Athènes a posé son veto contre un énième paquet de sanctions contre la Russie. Le pays qui est la première puissance maritime commerciale au monde et détient plus de 60 % de la flotte européenne, refuse de soutenir une mesure visant le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe par des compagnies européennes vers des pays tiers de peur de désavantager ses armateurs. Après plusieurs jours de négociations, le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis a finalement levé son veto en échange d’une exemption d’un an, renouvelable, pour les contrats conclus avant l’invasion de l’Ukraine.
Derrière cette bataille diplomatique se cache un acteur bien identifié : George Prokopiou, l’un des plus puissants armateurs grecs. Son groupe Dynagas est aujourd’hui le seul opérateur européen disposant d’une flotte importante de méthaniers de classe Arc7, capables de naviguer toute l’année dans les glaces de l’Arctique et de desservir l’usine russe de Yamal, au nord de la Sibérie. Ces navires ultra-spécialisés constituent un maillon essentiel des exportations de GNL russe vers l’Asie.
Bruxelles souhaitait interdire aux entreprises européennes de fournir des services de transport maritime pour le GNL russe, y compris lorsque les cargaisons ne sont pas destinées au marché européen mais à des pays tiers comme la Chine ou l’Inde. L’objectif était de réduire les revenus énergétiques de Moscou en limitant l’accès aux services logistiques occidentaux.
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