Pluie et papier

Est-ce bien un roman que cette histoire de cinq amis qui se perdent et se retrouvent à Novi Sad ? Ou bien une histoire « racontée par un idiot, pleine de fureur et de bruit » ? Ou plus simplement encore, comme le remarque Georges, un des protagonistes, le constat que « les émigrants sont écartelés par leurs rêves. L’avenir ne cesse de venir et n’est donc jamais là, le passé ne cesse de s’en aller »… Chacun des amis poursuit son rêve, chacun vit sa vie dans une perpétuelle course vers on ne sait quoi. L’un est informaticien, l’autre bricoleur […]

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Est-ce bien un roman que cette histoire de cinq amis qui se perdent et se retrouvent à Novi Sad ? Ou bien une histoire « racontée par un idiot, pleine de fureur et de bruit » ? Ou plus simplement encore, comme le remarque Georges, un des protagonistes, le constat que « les émigrants sont écartelés par leurs rêves. L’avenir ne cesse de venir et n’est donc jamais là, le passé ne cesse de s’en aller »…

Chacun des amis poursuit son rêve, chacun vit sa vie dans une perpétuelle course vers on ne sait quoi. L’un est informaticien, l’autre bricoleur de génie, l’une cinéaste, l’autre musicien déjanté et la narratrice fait beaucoup d’argent dans la publicité. Tous parlent beaucoup sur tout et n’importe quoi. Au total cela donne des digressions sur la cuisine, l’informatique, les contes de fées, la publicité, la musique rock, l’Irlande, la pornographie, etc…

Les chapitres se suivent en ordre décroissant, on commence par le chapitre 10 et l’on finit par le chapitre 1, pour constater que « des gens bien curieux ont vécu en cet endroit bien ordinaire ». Cet endroit ordinaire c’est Novi Sad avant la guerre, pendant la guerre et après la guerre, au moment du festival de musique, ses habitants y vivent et ils y meurent, ils fuient la ville de la guerre, mais ils y reviennent, toujours à la recherche des mêmes rêves impossibles.

Déroutant et fascinant, ce récit ne laisse pas indifférent. Une fois emporté par le tourbillon des mots, le lecteur attentif pourra savourer un moment de rare bonheur en s’engouffrant dans la sarabande de la vie et de la mort, dans la grande pagaille de la vie.

Né en 1965 à Novi Sad en Yougoslavie, Vladimir Tasic est venu étudier puis s’installer au Canada, à la fin des années 1980. Il est devenu professeur de mathématiques à l’Université du Nouveau-Brunswick. Il vient à l’écriture par les nouvelles et publiera en 2001, son premier roman Cadeau d’adieu. Il est également critique pour des revues de littérature, culture et histoire des idées.

Il vient de remporter pour son roman Pluie et Papier deux des plus prestigieux prix littéraires de Serbie et Monténégro, le prix Nin et le Prix Vital.

Retrouvez la fiche du précédent livre de Vladimir Tasic


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