Un jeune homme apprend l’anglais, à Trieste, sous la conduite d’un écrivain dont il ne découvrira que bien plus tard l’importance, James Joyce. Ce jeune homme doit fuir son pays, en 1941, et devient la voix slovène de Radio Londres.
De retour en Yougoslavie, il est bientôt arrêté par le nouveau pouvoir communiste. Les personnages que campent les nouvelles de Drago Jancar se tiennent souvent en équilibre bien instable sur le bord d’une histoire tragique, comme cet ancien officier russe blanc, réfugié en Slovénie, qui attend l’arrivée des troupes russes, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Drago Jancar a été justement défini comme «le sismologue d’une histoire chaotique et, au sein de celle-ci, des variations mutines et des répétitions qu’inscrit dans nos vies lady fate».
Né en 1948 à Maribor, Drago Jancar est l’un des auteurs slovènes contemporains les plus importants. Figure nationale de la dissidence au temps de l’ex-Yougoslavie, il fut condamné en 1974 à un an de prison pour «propagande au service de l’ennemi». Les nouvelles rassemblées par L’esprit des péninsules permettent de découvrir cet auteur et un pan important de la littérature d’un petit pays, où la langue se voit reconnaître le statut de garant de l’identité nationale.
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