Réfugiés : à Lesbos, on ne sait plus où enterrer les morts

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Plus de 200 000 réfugiés sont arrivés en Grèce en octobre, dont la moitié a transité par l’île de Lesbos. Avec l’automne, la mer est mauvaise et les naufrages nombreux. De nombreux corps s’échouent sur les plages, des hommes, des femmes, des enfants. Le cimetière est plein, et les cadavres s’entassent à la morgue. Face à la tragédie, les habitants s’improvisent « volontaires » pour aider les survivants. Reportage.

Par Elisa Perrigueur La taverne s’appelle To Kyma, ce qui signifie la vague. Assis sur sa chaise en osier, ouzo en main, Costas Lipiotis scrute les ondulations de l’eau grise qui s’étend devant lui. Le ciel se couvre, le vent secoue les oliviers ce samedi 7 novembre. Au loin, des montagnes sombres s’élèvent : la Turquie est à douze kilomètres. « Les bateaux passeront moins ce soir, prédit l’homme aux cheveux gris. Enfin j’espère, on ne sait plus vraiment, les gens passent parfois malgré des conditions déplorables. » Ce pêcheur de 53 ans n’est plus surpris de voir arriver chaque jour des dizaines d’embarcations au nord de l’île de Lesbos, près (...)

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