Serbie : l’appartement d’une journaliste d’investigation mis à sac

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L’appartement a été retourné, mais aucun objet de valeur n’a été volé. L’opposition dénonce une « tentative d’intimidation » de la part du pouvoir alors que les affaires semblables contre la presse indépendante se multiplient.

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Par Ph. B.

Capture d'écran

L’appartement de Dragana Peco, une journaliste serbe d’investigation qui travaille pour le site d’informations indépendant Krik, a été cambriolé vendredi en son absence. La police s’est rendue sur les lieux et a procédé à un relevé d’empreintes. Mais pour Krik, cela ne suffit pas. « Nous allons réclamer que ce cas fasse l’objet d’une enquête approfondie », a annoncé le rédacteur en chef, Stevan Dojčinović. « Nous avons constaté qu’aucun objet de valeur n’avait disparu, comme des téléphones portables et ce genre de choses, alors que tout l’appartement était sens dessus dessous, ce qui est quand même bizarre. »

« Dès qu’un journaliste est concerné, l’affaire doit être traitée avec le plus grand sérieux », a-t-il insisté, précisant toutefois qu’à ce stade, rien ne permettait d’affirmer que ce cambriolage était lié aux activités professionnelles de Dragana Peco.

« Qui sera le prochain ? »

Créé il y a deux ans, Krik est devenu la cible du gouvernement à cause de ses enquêtes sur le crime organisé et la corruption. Une campagne de lynchage a été lancée contre ce site d’information et d’autres médias indépendants par des tabloïds à gros tirage comme Informer ou la chaîne privée de télévision Pink, très populaire elle aussi. Stevan Dojčinović a lui-même été la cible de ses attaques.

« Qui sera le prochain ? », a lancé dans un appel à la solidarité Saša Janković, chef du Mouvement des citoyens libres, le récent parti de l’opposition démocratique serbe. L’ancien médiateur de la République et candidat malheureux à la présidentielle d’avril a qualifié cette affaire de « tentative d’intimidation », en évoquant « les nombreuses autres affaires de cambriolage non résolues, ainsi que les menaces de mort, anonymes ou pas, les surveillances secrètes, ou encore les agressions récurrentes lors des rassemblements du Parti progressiste (SNS) » contre des journalistes.


Cet article est produit en partenariat avec l’Osservatorio Balcani e Caucaso pour le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (ECPMF), cofondé par la Commission européenne. Le contenu de cette publication est l’unique responsabilité du Courrier des Balkans et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant le point de vue de l’Union européenne.