Ce que la guerre en Ukraine a changé • Le trouble jeu de la Turquie

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La Turquie d’Erdoğan vend des drones à l’Ukraine tout en ménageant le Kremlin pour continuer à recevoir des hydrocarbures à bon prix, utilise ses leviers de chantage au sein de l’Otan et tente de se placer en arbitre incontournable entre l’Ukraine et la Russie... Bref, Ankara joue sur tous les tableaux pour redorer son blason, au risque de l’incohérence. Entretien.

Propos recueillis par Simon Rico. Ahmet İnsel est un économiste, éditeur, journaliste et politologue turc. Le Courrier des Balkans : Six mois après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, dans quelle position se trouve la Turquie ? Arbitre ou funambule, elle qui maintient des liens avec les deux belligérants ? Ahmet İnsel (A.İ.) : La Turquie essaie de profiter de sa situation géostratégique pour tirer le maximum de profit en maintenant des relations étroites aussi bien avec la Russie que l’Ukraine. Je crois que, sans le dire ouvertement, cette position arrange les pays occidentaux. Qu’un pays membre de l’Otan, même s’il est perçu peu (...)

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