À Kentavros, Pachni ou Dimario, dans les montagnes qui entourent Xanthi, les villages pomaks donnent parfois l’impression de s’être vidés de leurs hommes. Dans les cafés et les rues, on croise davantage de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Les hommes, eux, sont souvent ailleurs : en Allemagne, aux Pays-Bas ou dans d’autres pays d’Europe occidentale, employés pendant plusieurs mois sur des chantiers navals, dans des métiers pénibles.
Ce phénomène est au cœur d’une étude effectuée par Marta Averof, chercheuse gréco-italienne qui travaille sur les droits humains, la résolution des conflits, les questions de genre et les minorités. Dans le cadre de ses études d’anthropologie sociale et de sciences politiques à l’université anglaise de Cambridge en 2023 et 2024, elle a mené un travail de terrain dans la région de Xanthi, notamment dans plusieurs villages pomaks.
Son enquête, parue en partie sur un blog de l’European center for minority issues, fait apparaître une communauté prise dans une profonde transition. « Ce qui m’a le plus frappée, c’est cette phase de transition avec les hommes qui partent à l’étranger et les jeunes femmes qui aspirent à une nouvelle vie citadine », explique-t-elle. Une question s’impose alors : comment ces villages vont-ils continuer d’exister ?
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