Chacun connaît la routine. Le public attend devant sa porte, les avocats et journalistes devant la leur. Chacun sait aussi que l’audience commencera, comme d’habitude, en retard. Huit mois que ce procès dure, et le principal accusé, Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul, est attendu à la barre. En ce premier jour d’audience, une autre information est sur toutes les lèvres : Halk TV, la principale chaîne de télévision d’opposition a été investie par la police le matin même.
Avant le début de l’audience, le public composé de soutiens mais aussi de familles des détenus, est briefé : ils peuvent applaudir l’entrée des accusés, crier des slogans à ce moment là, mais doivent laisser la défense se dérouler dans le calme, au risque d’être expulsés de la salle. Ekrem İmamoğlu et ses co-accusés arrivent par le sous-sol. Le public se lève pour les applaudir, les saluer et chanter des slogans.
Il présente pour la première fois sa défense dans un calme qui détonne avec le début du procès, le 9 mars dernier, marqué dès les premières minutes par des tensions. Il dispose de quatre jours, pendant lesquels il déroule son argumentaire sans interruption. Pendant quatre jours, il s’adresse tour à tour aux juges, au procureur général d’Istanbul, au public, aux citoyens turques, au Président…
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