Corruption : la plaie profonde de la santé publique en Macédoine du Nord

En Macédoine du Nord, les pots-de-vin sont devenus presque incontournables pour accéder rapidement aux soins, obtenir une opération ou bénéficier d’une meilleure prise en charge. Selon une étude de l’association ESE, cette corruption banalisée frappe particulièrement les patients les plus vulnérables, notamment les femmes.

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L’action coup de poing « Salle d’attente de la corruption dans le système de santé » a attiré l’attention des citoyens
L’action coup de poing « Salle d’attente de la corruption dans le système de santé » a attiré l’attention des citoyens.L’association ESE

« Mon mari était dans un état critique et devait subir une intervention chirurgicale en urgence. Pourtant, à l’hôpital, on nous a dit qu’il faudrait attendre plus d’un mois pour obtenir un rendez-vous. Le lendemain, une infirmière est venue me voir et m’a proposé de payer 3 000 euros pour que mon mari soit opéré au plus vite. Nous en avons discuté en famille et décidé de verser l’argent. Nous avons emprunté la somme et, le lendemain, j’ai fait savoir à l’infirmière que nous acceptions. Elle m’a donné l’adresse d’un café et le nom d’une personne à qui remettre l’argent. Mon fils s’y est rendu et a effectué le paiement. Le jour suivant, mon mari était opéré. Dieu merci, il va bien aujourd’hui. »

Les couloirs des hôpitaux en Macédoine du Nord recèlent de nombreuses histoires de ce genre. Ce témoignage est l’un des dizaines recueillis lors de groupes de discussion organisés dans le cadre du projet « Un système renforcé pour un accès plus équitable aux soins : réduire la corruption dans le secteur de la santé », mis en œuvre par l’association pour l’émancipation, la solidarité et l’égalité des femmes (ESE), avec le soutien d’Expertise France, à travers l’Agence française de développement (AFD).

La corruption est si banalisée dans le système de santé public macédonien que plus de la moitié des citoyens ne croient pas pouvoir bénéficier de soins équitables et prodigués dans les délais lorsqu’ils ont besoin d’un traitement, d’une opération ou d’une hospitalisation. Ce mal chronique perdure depuis des décennies, tandis que les mesures prises par les autorités se limitent essentiellement à des engagements de principe.

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