Turquie : le maire d’Izmir, bastion de l’opposition, se rallie à l’AKP d’Erdoğan

Le maire d’Izmir avait été élu sous les couleurs de l’opposition, mais il a rallié le parti au pouvoir. Un symbole des pressions qui pèsent sur tous les maires de Turquie. Plus de trente édiles sont emprisonnés.

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Turquie : le maire d’Izmir, bastion de l’opposition, se rallie à l’AKP d’Erdoğan
Le maire d'Izmir au côté du Président turc, lors de la cérémonie pendant laquelle il a rejoint l'AKP. © Recep Tayyip Erdoğan / X

Izmir est un symbole de l’opposition. Cette grande ville de la côte ouest turque est dirigée pour la première fois de son histoire par un maire du parti de la Justice et du Développement (AKP), le parti du Président Erdoğan. Pourtant, son maire, Cemil Tugay a été élu en 2024 sous les couleurs de Parti républicain du peuple (CHP, opposition). En janvier dernier, questionné sur un potentiel changement de bord, Cemil Tugay avait répondu que ce ne serait pas le cas, affirmant que son « cercle proche ne pourrait même plus le regarder ». Pourtant, après des mois de rumeurs, il a officiellement rejoint l’AKP mercredi 7 octobre lors d’une cérémonie au cours de laquelle Recep Tayyip Erdogan lui a accroché l’insigne du parti sur sa veste. Cependant, le conseil municipal reste dominé par l’opposition.

Le soir de la défection du maire d’Izmir, des manifestations ont eu lieu dans la ville, certains portaient un cercueil au nom de Cemil Tugay, désormais considéré comme un traître. Une douzaine de personnalités culturelles de la ville ont démissionné en signe de protestation. 

Pour l’opposition, sa défection est le résultat de pressions. « Celui qui, depuis des années, n’a jamais réussi à gagner à Izmir, où personne ne lui fait confiance, et qui tente de rallier à son parti la personne à qui la ville a accordé sa confiance en votant pour elle, en recourant à la menace, au chantage, à la pression, en lui faisant miroiter la prison et en mentionnant son nom dans le dossier d’un détenu », a réagi Özgür Özel juste avant la confirmation du passage du maire d’Izmir à l’AKP. « Ceux qui n’ont pas cédé à ces pressions, qui sont restés sur leurs positions comme des lions et n’ont trahi ni leurs amis ni leur parti, sont nos frères jusqu’à la mort. Ceux qui ont trahi et qui sont partis sont des traîtres. Des fils de traîtres. Et ceux qui les ont achetés sont des voleurs de la volonté nationale », a-t-il ajouté. 

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