Après son départ de la Communauté des États indépendants au printemps, la Moldavie poursuit la mise à distance de son passé soviétique en supprimant les trente-deux districts, équivalents locaux des départements français, qui la composent. Imaginée en 2023 par le Premier ministre libéral Dorin Recean, la réforme administrative et territoriale de ce pays de 2,4 millions d’habitants prévoyait initialement une réduction de leur nombre à dix.
En juillet, la nomination à la tête du gouvernement de Vasile Tofan, qui ne cache pas son admiration pour les vues libertariennes du président argentin Javier Milei, a accentué l’ampleur du projet : la Moldavie sera finalement divisée en trois régions – le Nord, le Centre et le Sud avec respectivement Bălți, Chișinău et Cahul comme chefs-lieux – auxquelles il faut ajouter les municipalités de Chișinău, Bălți et Taraclia qui jouiront d’un statut spécial. En revanche, l’Unité territoriale autonome (UTA) de Gagaouzie, créée en décembre 1994 pour mettre fin au conflit opposant le gouvernement central aux séparatistes de Comrat, sera préservée.
Cette initiative, destinée avant tout à réaliser des économies dans les budgets de fonctionnement des collectivités locales, s’est accompagnée d’une première phase de fusions volontaires de communes afin d’éliminer celles comptant moins de 3 000 habitants, soit 87 % d’entre elles. « La création de régions est une étape nécessaire à la modernisation de la République de Moldavie en réduisant leur nombre, la bureaucratie et leurs attributions », explique le gouvernement dans son projet de loi, la dernière réforme de ce type datant de 2003, après le retour des communistes au pouvoir.
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