« Il est parti travailler comme chauffeur en Grèce et a disparu. Aidez-nous, s’il vous plaît, à le retrouver ». Voilà le type de messages qui se trouvent sur d’innombrables groupes Facebook de Roumains et de citoyens de la République de Moldavie vivant en Grèce. Selon les cas, il s’agit d’un frère, d’un mari ou d’un ami ayant répondu à une offre d’emploi dégotée sur les réseaux sociaux pour une mission de chauffeur. Un aller-simple en voiture et c’est tout, en théorie. Depuis, les proches sont sans nouvelles, le téléphone est éteint, et la plupart du temps, le dernier endroit où le chauffeur a été localisé se trouve quelque part du côté de la frontière avec la Turquie…
Le phénomène est significatif. Au point que les ambassades roumaines et moldaves en Grèce ont émis des avertissements ces dernières semaines afin de prévenir leurs ressortissants. La pratique est toutefois difficile à contrôler, tout se passant sur les réseaux. Les itinéraires les plus fréquemment empruntés se situent dans la région de la Macédoine orientale et de la Thrace, à la frontière avec la Turquie et la Bulgarie. Mais cela ne se limite pas à la Grèce. Des comptes cherchant des chauffeurs roumanophones se retrouvent dans nombre d’aires géographiques différentes : sur le territoire hongrois – de la frontière avec la Roumanie jusqu’à celle avec l’Autriche par exemple, de Timișoara jusqu’en Italie, sur le territoire bulgare, voire même entre la frontière lettone avec la Russie et la Pologne. Point commun de ces comptes : ils sont en roumain et tous recherchent des chauffeurs roumains.
En juillet 2026, les autorités bulgares, grecques, néerlandaises et roumaines ont démantelé un groupe criminel organisé soupçonné de trafic de migrants à travers les Balkans, utilisant des véhicules loués, voire volés ou immatriculés frauduleusement. Le réseau était principalement composé de ressortissants syriens et égyptiens, soupçonnés d’organiser le transport illégal de migrants depuis la Grèce via la Bulgarie et la Roumanie. La destination finale étant l’Italie. Les mécanismes – notamment la manière dont ce type de réseaux utilise des voitures de location pour faciliter le transport des migrants – a été mise à jour par le journal grec Kathimerini. Ces derniers mois, ce média a égrené les cas de plusieurs ressortissants roumains et moldaves arrêté cette année en Grèce avec des migrants sans papiers dans leur véhicule.
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