Les dernières infos • Serbie : après le meeting de Vučić, les manifestants continuent de protester

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Depuis le 8 décembre, chaque samedi soir, des milliers de Serbes défilent pour dénoncer la brutalité du pouvoir du Président Aleksandar Vučić. Une mobilisation partie des réseaux sociaux, sans dirigeant politique, qui se propage désormais à travers tout le pays. Notre fil d’info en continu et en accès libre.

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Par la rédaction

Après le meeting de Vučić, les manifestants continuent de protester

© Facebook.com/ Krik

20 avril - 18h30 : Une nouvelle marche de protestation a commencé ce samedi à 18h à Belgrade. Cette fois, les manifestants se sont donné rendez-vous en face de la fontaine de Terazije et se rendront en face des locaux de la RTS. D’autres manifestations ont lieu ailleurs dans le pays, notamment à Novi Sad, Niš, Čačak, Kruševac et Leskovac.

Stop à la violence contre les journalistes indépendants !

© Twitter / jovanam

19 avril - 13h : À l’initiative de l’hebdomadaire indépendant Vreme, plusieurs dizaines de journalistes se sont rassemblés ce matin pour dénoncer les menaces dont les médias indépendants font l’objet depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux ou via des sms.

Ces messages ont suivi les révélations concernant les liens entre Andrej Vučić, le frère du president, et Zvonko Veselinović, un homme d’affaires soupçonné d’être l’un des parrains du crime organisé dans le Nord du Kosovo.

« Faites votre travail ! » a lancé Slobodan Georgiev, le rédacteur du média anglophone BIRN, lui-même accusé sur Twitter d’être un « traître payé pour cracher sur Vučić » tandis que Branko Čečen, le directeur du média d’investigation CINS, rappelait que « l’assassinat de journalistes n’est pas une hypothèse ».

Une grande inquiétude se lisait sur les visages de ces journalistes venus manifester en faveur de la liberté d’expression. Jeudi, Reporters sans frontières a publié son classement annuel 2019, dans lequel la Serbie s’effondre.

Flash mob des opposants à Vučić à la Mairie de Belgrade

4 avril - 18h : Des militants de l’opposition ont organisé une action surprise ce jeudi en bloquant les entrées de la Mairie de Belgrade pour dénoncer les projets immobiliers de la municipalité. Ils ont également déployé des barrières mobiles autour du siège de l’Autorité de régulation des médias électroniques (REM).

Alors que le président Vučić dénonce une « tentative fasciste » d’intrusion dans la mairie, l’opposition rappelle qu’il s’agissait seulement de remettre une liste de revendications au maire de la capitale.

Vučić gracie les manifestants condamnés

18 mars - 23h30 : Le président Aleksandar Vučić a annoncé qu’il allait demander l’abolition des peines infligées à tous les participants aux manifestations du week-end, « sauf aux responsables des violences ».

Premières condamnations à de la prison, les lycéens manifestent

Belgrade, 18 mars
© Danas

18 mars - 16h30 : Parmi les 18 personnes interpellées durant le week-end, sept ont été jugées dès lundi en comparution immédiate. Six ont été condamnées à des peines de 30 jours de prison, dont le lycéen Pavle Cvejić, le septième à une amende. Tandis que les dirigeants de l’opposition réclament la libération de toutes les personnes arrêtées, les lycéens manifestent dans les rues de Belgrade, réclamant « Justice pour Pavle, Pravda za Pavla ! »

Les manifestants réclament la libération de leurs camarades emprisonnés

17 mars - 18h : Les manifestants ont convergé dimanche après-midi vers le commissariat de police du boulevard Despota Stefana, réclamant la libération de leurs camarades interpelés samedi soir lors de l’évacuation du siège de la RTS. De brèves tensions ont éclaté avec la police.

Les protestataires encerclent le palais présidentiel

17 mars - 15h : Environ 2000 à 3000 manifestants se sont donné rendez-vous ce dimanche midi devant le palais présidentiel de Serbie, à Belgrade, à l’appel de l’Alliance pour la Serbie (SzS, opposition), alors que le Président Aleksandar Vučić a annoncé qu’il allait s’adresser à la nation. Le chef de file de Dveri, Boško Obradović, a réclamé sa démission, ainsi que celle de la Première ministre Ana Brnabić, de la Présidente de l’Assemblée nationale Maja Gojković, du ministre de l’Intérieur Nebojša Stefanović et du directeur de la RTS Dragan Bujošević. Les citoyens exigent des élections « libres et justes à tous les niveaux », ainsi que la « transparence » dans le processus de négociations avec le Kosovo. Face au palais présidentiel, la foule scande « Vučić, voleur », « RTS, SNS ».

Des incidents ont éclaté rue Knez Miloš, derrière le palais présidentiel, entre les manifestants et la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes. Les orateurs ont lancé des appels au calme et enjoint la police à rejoindre les citoyens. « Il n’y a plus de retour en arrière », a lancé Boško Obradović à la foule. Des manifestants ont organisé un cordon autour du palais présidentiel où se trouvent Aleksandar Vučić et Nebojša Stefanović... en train de jouer aux échecs, comme le montre une photo publiée sur le compte Twitter du président.

Vers 15h, le cortège s’est dirigé vers le poste de police du 29 novembre, suite à l’interpellation de deux organisateurs de la manifestation. Un nouveau rassemblement est prévu mardi à 18h dans le parc de Kalamegdan.

Des milliers de citoyens bloquent la RTS, la police intervient

© Milica Cubrilo

16 mars - 23h : La gendarmerie a reçu l’ordre, peu après après 21h, de chasser les manifestants du bâtiment de la RTS. Quelques minutes plus tôt, le ministre de l’Intérieur, Nebojša Stefanović, avait appelé la foule à se disperser dans le calme, affirmant que des journalistes de la RTS avaient été battus et déplorant des dégâts matériels, même si les nombreuses vidéos partagées en direct sur les réseaux sociaux ne témoignaient d’aucune violence. Des images ont toutefois été diffusées plus tard par N1, montrant une foire d’empoigne dans les locaux de la RTS entre manifestants et employés de la télévision. Dehors, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées et bloquent l’entrée du bâtiment.

Parmi les dirigeants de l’opposition à l’intérieur de la RTS, le chef des Dveri (droite nationale) Boško Obradović, l’ancien maire démocrate de Belgrade Dragan Đilas et la députée indépendante Marinika Tepić. Boško Obradović a demandé que les organisateurs des manifestations #1od5miliona puissent s’exprimer sur les ondes de la télévision publique « au moins deux minutes ». Face au refus du directeur, il a réclamé sa démission et exhorté les citoyens à « libérer la RTS » et mettre fin aux « mensonges d’Aleksandar Vučić ».

Le président a annoncé qu’il s’adresserait à la nation dimanche midi. Boško Obradović a appelé les manifestants à se rassembler au même moment en face de la présidence.

Une grande marche blanche en mémoire de Zoran Đinđić

13 mars - 9h : Dans le silence, plusieurs milliers de citoyens ont marché mardi soir depuis la faculté de philosophie, à Belgrade, jusqu’au siège du gouvernement où le Premier ministre Zoran Đinđić a été assassiné il y a seize ans, le 12 mars 2003, d’une balle de sniper en plein cœur. « Zora(ne) sviće » (« L’aube se lève, Zoran »), disaient les affiches, dans un jeu de mots se voulant porteur d’espoir.

Devant le portail resté fermé de la cour du bâtiment gouvernemental, les manifestants ont déposé des fleurs et allumé des bougies, puis accroché une banderole portant les mots de Đinđić lui-même : « Si nous ne réussissons pas aujourd’hui, nous en serons seuls responsables ». Décidés à poursuivre le chemin de modernisation de la Serbie que Zoran Đinđić avait entrepris, et à se motiver aussi, les organisateurs ont conclu la marche par un message datant de la fin du régime de Slobodan Milošević : « La Serbie ne s’est pas rendue, elle vient de commencer à gagner ». Mais dans la foule, c’est la tristesse devant la frappante actualité des analyses de Đinđić qui prévalait.

Les meneurs de l’opposition prennent la parole aux manifestations

10 mars - 9h : Discrètement noyés dans la foule des manifestants, interdits de premier rang depuis le début du mouvement, les dirigeants des partis politiques de l’opposition ont cette semaine pris la parole dans la plupart des villes qui ont manifesté (une centaine).

À Novi Sad le 8 mars, en ligne avec la journée des droits des femmes, Dragana Trifković, membre de la présidence de Dveri, et Aleksandra Jerkov, députée du Parti démocrate (DS) ; à Belgrade le 9 mars, le célèbre acteur Branislav Lečić a harangué la foule du même endroit qu’il y a 28 ans, à la fontaine de Terazije ; à Užice, le chef de l’Alliance pour la Serbie Dragan Djilas ; à Šabac, le président du Parti démocrate Zoran Lutovac...

À Belgrade et dans le reste du pays, contre la corruption et les mensonges du président

© CdB / Marija Jankovic

2 mars - 23h : Environ 6500 manifestants, selon nos décomptes, ce qui représente une baisse sensible par rapport aux précédentes manifestations, se sont à nouveau donné rendez-vous à 18h samedi dans les rues de Belgrade pour protester contre le régime d’Aleksandar Vučić » et coller sur les murs de la ville, en particulier sur la façade de l’immeuble de la RTS, des autocollants dénonçant les « mensonges » du président. Des coordinateurs de la marche, ainsi que des manifestants, ont par ailleurs été contrôlés par la police.

D’autres manifestations ont simultanément été organisées dans le pays, notamment à Kragujevac, Jagodina, Pirot, Vlasotince, Smederevska Palanka, Aleksandrovac, Prokuplje, Brusje, Lebane ou encore Despotovac.

À Vlasotince (sud), les manifestants se sont rassemblés pour le cinquième samedi consécutif. Ils ont entre autres demandé la démission du maire Zoran Todorović, ainsi que des responsables des institutions publiques. Ils réclament qu’un terme soit mis au recrutement du personnel sur des seules bases politiques, ainsi que l’adoption d’un plan local de lutte contre la corruption. Ils exigent en outre la dépolitisation du FK Vlasina, et l’annulation d’un plan d’aménagement du territoire datant de 2011 prévoyant l’installation de mini centrales hydrauliques.

À Kragujevac, les manifestants ont défilé devant la radio-télévision RTK pour dénoncer son contrôle par les autorités locales et demander aux journalistes d’exercer leur métier de façon professionnelle. Sur la place en face du lycée, un écran géant était dressé, les citoyens pouvaient taper le nom de leurs proches, parents ou amis, qui avaient quitté la Serbie à la recherche d’une vie meilleure.

Les tabloïds accusent des Bosniaques, Croates et Albanais d’avoir agressé des employés du Service propreté de Belgrade

28 février - 14h : Quand les employés de Gradske čistoće (« Propreté de la ville ») ont commencé à décoller les autocollants dénonçant les mensonges du président serbe placardés samedi dernier sur les murs du tunnel de Terazije, à Belgrade, ils ont été pris à partie par une dizaine de manifestants. Un événement aussitôt qualifié de « lynchage » par le SNS au pouvoir et les médias proches du régime. Comme le relève le site indépendant Raskrikavanje, le tabloïd Kurir est allé plus loin ce jeudi, affirmant que parmi ces manifestants se trouvaient des Bosniaques, des Croates et des Albanais.

« Les manifestations de la coalition de Dragan Đilas ont de nouveau été violentes... [Les manifestants] ont bénéficié d’une aide régionale car, lors de la manifestation de samedi, il y avait des Bosniaques de Tuzla, des Albanais de Prizren et des Croates de Zagreb, comme le montrent des publications de responsables politiques sur les réseaux sociaux », écrit le journal. Des informations que rien ne vient étayer.

Le ministre de l’intérieur Stefanović a par ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête contre ces manifestants, mais le site officiel du ministère n’a pas relayé la nouvelle. La veille, le tabloïd Alo assurait que les dirigeants de l’opposition « Đilas et Jeremić invit[aient] les gens à manifester pour briser les droits des travailleurs et mettre la Serbie à feu et à sang, et non pas pour socialiser ou marcher un peu ». Le journal croit également savoir que « cinq Serbes se sont rendus à Zagreb, Tuzla et, Dieu nous en préserve, Pristina ».

Deux organisateurs des manifestations à Belgrade entendus par la police

27 février - 11h : Deux coordinateurs des manifestations #1od5miliona à Belgrade, Srđan Marković et Miodrag Simović, ont été interrogés mardi soir par la police à Zemun pour avoir été collé des autocollants sur des locaux du SNS, avant d’être relâchés. « Nous avons attendu quatre heures, puis les inspecteurs ont passé plusieurs coups de fil pour savoir s’il y avait une raison de nous reprocher d’avoir collé des autocollants et d’engager des poursuites », ont-il expliqué dans un communiqué.

Le mouvement gagne les enclaves serbes du Kosovo

© Jugpress

23 février - 23h : Pour la première fois ce samedi, une soixantaine de manifestants se sont rassemblés à Pasjane, une enclave serbe de l’est du Kosovo, derrière une banderole « #1od5miliona, Parteš et Pasjane sans peur ».

Le « tunnel des mensonges » d’Aleksandar Vučić

23 février - 18h30 : Une nouvelle manifestation #1od5miliona a commencé ce samedi à Belgrade, rassemblant plusieurs milliers de personnes, comme tous les samedis à 18h depuis le 8 décembre. Le président de l’association des médecins et de pharmaciens, Rade Panić, le psychologue Žarko Trebješanin, et l’échevin du Parti démocrate (DS, opposition) à Vršac, Dragan Rakić, ont pris la parole pour dire « non à la dictature d’Aleksandar Vučić » et dénoncer les pressions et les menaces qu’ils subissent de la part des autorités. Dragan Rakić est le premier politicien à s’exprimer depuis le début des manifestations.

Le thème de cette marche est le « tunnel des mensonges » du Président Vučić. Cette fois, l’itinéraire passera par le tunnel de Terazije et se terminera en face du bâtiment de l’organisme de réglementation des médias électroniques (REM).

Dans le même temps, une manifestation a lieu à Subotica (Voïvodine) pour protester contre le maire Bogdan Laban (Parti progressiste de Serbie, SNS), accusé de propager des discours de haine. Les organisateurs de la manifestation dénoncent entre autres « l’usurpation de tous les segments de la société par les chefs de partis », ainsi que les « mauvais traitement réservés aux travailleurs ».

Des manifestations ont lieu tous les jeudis, vendredis et samedis un peu partout en Serbie, dans des villes comme Niš, Novi Sad, Kragujevac, Čačak, Smederevo, Negotin, Šabac, Trstenik, Kruševac, Vranje, Subotica, Pančevo, Užice, Gornji Milanovac, Aranđelovac ou encore Kraljevo.

À Vienne et à Prague, plusieurs centaines de citoyens se sont également rassemblés pour exprimer leur soutien aux manifestants en Serbie et inviter la diaspora à les rejoindre.

Des centaines d’étudiants manifestent à Novi Sad

22 février - 20h : Une nouvelle manifestation Un sur cinq millions a lieu ce soir à Novi Sad (Voïvodine), où des centaines d’étudiants ont rejoint un cortège de plusieurs milliers de personnes. Des citoyens du quartier de Liman sont également venus grossir la foule.

Les étudiants ont déclaré que leur présence était une réponse aux critiques selon lesquelles les jeunes de Novi Sad « ne s’intéressent pas à la politique ni à l’avenir et sont inactifs ». Ils ont assuré qu’ils seraient encore plus nombreux au cours des prochaines semaines. Quant aux habitants de Liman, ils sont là pour protester contre le bétonnage de leur quartier, envahi par la construction de parkings.

Le mouvement de contestation se propage dans la diaspora

20 février - 18h : Après le soutien des universitaires et des scientifiques, la liste des signatures s’allonge sur la pétition qui circule dans les milieux de la culture et des arts. Par ailleurs, la désormais fameuse bannière #1od5miliona a été déployée à Vienne devant la Maison de l’Union européenne, ainsi qu’à New york, et un rassemblement est annoncé à Prague le 23 février.

Les partis d’opposition proposent un « accord avec le peuple »

17 février - 10h : Samedi soir, à l’occasion de « l’acte 11 » du mouvement de protestation commencé le 8 décembre dernier, les citoyens étaient invités à signer devant le Parlement de Serbie « l’accord avec le peuple », proposé par les 34 partis d’opposition. Vendredi et samedi, les manifestations ont de nouveau rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans près d’une cinquantaine de villes de Serbie.

L’opposition décider de boycotter le Parlement

Le Parlement de Serbie
© Wikipedia Commons

11 février - 19h : Les partis membres d’Alliance pour la Serbie (Savez za Srbiju, opposition) - le Parti démocratique (DS), Dveri, le Parti populaire (NS) de Vuk Jeremić, le Parti social-démocrate de Serbie de Boris Tadić, la Gauche de Serbie de Borko Stefanović - et quelques députés indépendants ont décidé qu’ils engageaient à partir d’aujourd’hui un « boycott » actif du Parlement : ils ne participeront plus aux séances plénières ni au travail des commissions, mais ils tiendront toujours des conférences de presse dans l’enceinte parlementaire.

Le Syndicat de l’armée rejoint le mouvement

9 février - 21h : Le Syndicat de l’armée serbe (Vojni sindikat Srbije, VSS) rejoint le mouvement. Son président, Novica Antić, a appelé samedi ses membres à rejoindre les citoyens « dans la bataille pour la loi et la Constitution », alors que « les institutions sont actuellement au service d’un seule homme ». Selon Novica Antić, des représentants du VSS auraient été invités à s’exprimer à la tribune des rassemblements dans plusieurs villes du pays.

Dixième samedi de mobilisation : Novi Beograd rejoint le centre de Belgrade

9 février - 18h : A l’initiative du groupe Ne davimo Beograd, un important cortège s’est rassemblée à 17h près du Sava Centar, à Novi Beograd, avant d’emprunter le Brankov Most pour rejoindre le centre de la ville et le dixième rassemblement consécutif.

Kosovo : rassemblement ce samedi à Gračanica

Samedi 2 février, Branislav Marković, citoyen de Gračanica, apportait symboliquement son soutien aux manifestations
© Danas

9 février - 10h : La semaine dernière, une manifestation #1od5miliona défilait dans les rues de Mitrovica, et ce samedi, ce sera à Gračanica, dans l’enclave serbe du Kosovo central. « Les rassemblements ne doivent pas avoir lieu seulement dans le nord du Kosovo mais dans toutes les villes du Kosovo, afin qu’il n’y ait pas de ’nouvelle frontière’ entre nous », explique Dejan Nedeljković, l’un des organisateurs. Rendez-vous est donné à 18h devant le siège de l’administration locale (kosovare), pour marcher jusqu’à la statue de Miloš Obilić, en passant devant le monastère.

Près de 10 000 personnes à Novi Sad

8 février - 21h : Avec près de 10 000 manifestants, Novi Sad a connu, vendredi soir, sa plus grosse manifestation depuis le début du mouvement.

Des cortèges dans tout le pays pour « l’acte 9 »

2 février - 18h : Des manifestations ont lieu ce samedi soir dans des dizaines de villes de Serbie. Pour la première fois, un cortège défilera dans les rues de Mitrovica, dans le nord du Kosovo. À Belgrade, les étudiants de la Faculté des sciences politiques appellent tous les étudiants à rejoindre le rassemblement prévu à 18h, à Plato. Ils réclament notamment la démission du ministre de l’Éducation et des sciences, Mladen Šarčević.

Carte des manifestations annoncées (source : BBC en serbe) :

Les militants du Lokalni Front de Kraljevo en route pour Mitrovica

Les militants du Lokalni Front en route pour Mitrovica
© Betaphoto

2 février -17h30 : Trois militants du Lokalni Front de Kraljevo sont partis à pied en direction de Mitrovica, où ils doivent prendre au premier rassemblement, organisé ce soir à 18h. Les militants du Lokalni Front étaient venus à pied de Kraljevo à Belgrade, pour prendre part au rassemblement du 16 janvier, anniversaire de l’assassinat d’Oliver Ivanović.

« Novi Sad doit être une ville libre »

« Novi Sad doit être une ville libre »
© Danas / Dušan Živkić

1er février - 19h : Plusieurs milliers de citoyens de Novi Sad se sont rassemblés ce soir à 18h, devant le Théâtre national serbe, pour un troisième vendredi consécutif, qui coïncide avec la fête de Novi Sad, célébrée chaque 1er février. Le rassemblement est placé sous le slogan : « Novi Sad doit être une ville libre ! »

Ce vendredi, des rassemblements ont également eu lieu à Bor, Čačak, Zaječar et Užice ainsi que, pour la première fois, à Leskovac.

Les intellectuels serbes de la diaspora soutiennent le mouvement

1er février -17h : Des centaines de chercheurs et universitaires de la diaspora, mais aussi des intellectuels et des artistes, ont signé un texte de soutien au mouvement de contestation. Ils rejoignent ainsi les universitaires de Serbie même qui sont toujours plus nombreux à rejoindre le mouvement. Retrouvez leur texte ici.

Rassemblements à Trstenik, Kuršumlija et Zrenjanin

31 janvier - 23h : Des rassemblements ont eu lieu ce jeudi à Trstenik et Kuršumlija ainsi que, pour la première fois, à Zrenjanin (Voïvodine), où plus d’un millier de citoyens ont défilé. Zrenjanin devient la 47e ville de Serbie à connaître des rassemblements contre le régime d’Aleksandar Vučić.

Les citoyens de Mitrovica-Nord rejoignent le mouvement

29 janvier - 18h : Une première manifestation #1od5miliona est prévue samedi 2 février à Mitrovica-Nord (Nord du Kosovo). L’objectif, selon les organisateurs, est que les habitants de Mitrovica-Nord et du Nord du Kosovo, ainsi que des autres régions à majorité serbe du Kosovo, manifestent leur solidarité avec le reste des manifestants en Serbie.

« Nous voulons envoyer un message à tout le monde, mais avant tout aux représentants de la Serbie », a déclaré Marko Jakšić, l’un des organisateurs, également membre de l’Initiative citoyenne Srbija, demokratija, pravda – Oliver Ivanović. « Nous avons aussi le droit à la liberté d’opinion et de parole, ainsi qu’à des élections libres », a-t-il souligné, réclamant « la fin des passages à tabac, des incendies de voitures, des pressions, des licenciements, des menaces ».

Les manifestants se donneront rendez-vous au pied de la statue du Prince Lazar et se dirigeront ensuite vers le lieu où l’un des dirigeants de l’opposition, Oliver Ivanović, a été assassiné il y a un an, en janvier 2018. Les manifestants allumeront des cierges à sa mémoire.

Manifestation ce dimanche contre les mini-centrales hydro-électriques

27 janvier - 10 h : Le mouvement « Défendons les rivières de la Stara Planina » appelle à un rassemblement ce dimanche à Belgrade, à 13h sur Studentski Trg. Ce mouvement s’oppose aux projets de constructions de mini-centrales hydro-électriques qui ravagerait les montagnes de la Stara Planina, dans l’est de la Serbie et leur éco-système fragile.

Desimir Stojanov Desko, figure de la résistance à ces projets dans le village de Rakita, avait pris la parole lors du rassemblement #1od5miliona du 29 décembre, et le mouvement citoyen de contestation qui s’étend en Serbie soutient la manifestation de ce dimanche.

Des dizaines de milliers de personnes à nouveau dans les rues de Belgrade

26 janvier - 22 h : Des dizaines de milliers de personnes ont à nouveau marché dans les rues de Belgrade, pour un huitième samedi consécutif, malgré le froid et la neige tombée ces dernières 24 heures. Le cortège a défilé du Plato de Studentski Trg jusqu’au siège du gouvernement, marquant des temps devant deux symboles de la propagande du régime d’Aleksandar Vučić, le siège du quotidien Politika et celui de la RTS, la télévision publique, dont ils ont symboliquement bloqué les accès avec des cordons proclamant « censuré ».

Au départ du cortège, le professeur Čedomir Čupić, figure des mobilisations démocratiques serbes depuis l’hiver 1996, s’est adressée à la foule. « Aleksandar Vučić a transformé l’État de droit en régime d’arbitraire personnel, le gouvernement en service d’écoute personnelle et le Parlement en une machine à voter chargée de légaliser son arbitraire », a-t-il lancé.

© CdB/ Marija Janković

30 manifestations annoncées ce week-end

26 janvier - 14h : L’une après l’autre, les différentes villes de Serbie entrent dans le mouvement. Jeudi, des manifestations ont eu lieu à Kuršumlija et Trstenik, vendredi à Novi Sad, Šabac, Čačak, Bor, Zaječar, Niš, Užice, Požarevac, Veliko Gradište et, pour la première fois, à Mladenovac, Vranje et Žitorađa.

Ce samedi, outre Belgrade, des cortèges sont annoncés à Kragujevac, Ruma, Sremska Mitrovica, Gornji Milanovac, Požega, Kraljevo, Prokuplije, Pirot, Sombor, Kruševac. À Belgrade, le rassemblement débutera à 18h au Plato de Studentski Trg et la manifestation se dirigera vers le siège du gouvernement. Čedomir Čupić, professeur de droit à la Faculté de Belgrade, et l’ancien juge Zoran Ivošević doivent s’adresser aux manifestants.

Les syndiqués de la RTS dénoncent la censure

26 janvier - 12h : Le syndicat Nezavinost de la culture et des médias a publié un communiqué vendredi dénonçant le traitement réservé aux manifestations par la télévision publique RTS. « Nous, travailleurs de la RTS, nous ne voulons pas que notre maison soit à nouveau visée par la colère de l’opinion publique qui ne peut tolérer une telle manipulation de l’information », expliquent les syndiqués.

Suspecté d’avoir ordonné l’incendie de la maison du journaliste Milan Jovanović, le maire de Grocka a été arrêté

26 janvier - 11h : Le président de la municipalité de Grocka, Dragoljub Simonović, a été arrêté le 25 janvier, soupçonné d’avoir ordonné l’incendie de la maison du journaliste du site d’information Žig info, Milan Jovanović, à Vrčin. L’information a été confirmée vendredi soir par le Président Vučić et par le ministre de l’Intérieur, Nebojša Stefanović.

Selon la chaîne N1, Dragoljub Simonović aurait demandé à un policier, Igor Novaković, d’organiser l’attaque contre le journaliste. Le policier aurait recruté deux individus, Aleksandra Marinković, qui a incendié la maison, et Bojan Cvetković Šijacki, qui a servi de chauffeur. Les trois hommes ont avoué avoir commis leur forfait, a précisé Aleksandar Vučić.

La maison de Milan Jovanović et de son épouse avait été incendiée début décembre à coups de cocktails Molotov. Le journaliste a affirmé avoir été menacé à plusieurs reprises par le maire, sur qui il enquêtait suite à des affaires de corruption. Le rédacteur en chef de Žig info, Željko Matorčević, a déclaré que son média signalait depuis de nombreuses années des dysfonctionnements dans la gestion de la municipalité de Grocka. Žig info faisait également l’objet de fréquentes menaces de liquidation.

Dragoljub Simonović est président du comité municipal du Parti progressiste de Serbie (SNS) au pouvoir et membre du conseil central du SNS. Il était en outre l’ancien directeur de Železnica Srbije, la compagnie serbe des chemins de fer. Son arrestation faisait partie des revendications des manifestants. Aleksandar Vučić a annoncé qu’il se rendrait à Grocka au cours des prochains jours pour « établir un contact » avec la population et prévoir l’organisation de nouvelles élections municipales.

La carte des manifestations depuis décembre 2018

26 janvier- 10h30 : Parti de Belgrade le samedi 8 décembre en dénonçant l’agression dont Borislav Stefanović, chef du petit parti de la Gauche de Serbie (Levica Srbije) avait été victime à Kruševac le 23 novembre, le mouvement a rassemblé de plus en plus de monde d’un samedi à l’autre, un pic étant atteint le 29 décembre.

Le 16 janvier, plus de 20 000 personnes ont également défilé silencieusement dans les rues de Belgrade pour rendre hommage à Oliver Ivanović, l’opposant serbe du Kosovo assassiné un an plus tôt, et réclamer que les circonstances de son meurtre soient enfin établies, ses auteurs et ses commanditaires jugés. Le lendemain, Aleksandar Vučić a « profité » de la visite à Belgrade du président russe Poutine pour faire une démonstration de force, organisant une véritable contre-manifestation, en ramenant par autocars des milliers de « volontaires », bien souvent obligés de venir à Belgrade.

Depuis la mi-janvier, le mouvement s’étend à toutes les villes du pays.