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Bosnie : comment Kusturica et Dodik ont trahi la mémoire d’Ivo Andrić

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Quand il avait reçu le prix Nobel de littérature en 1961, Ivo Andrić avait fait don à la nation yougoslave de sa prime d’un million de dollars pour financer la construction de bibliothèques et ouvrir le peuple à la culture. Un demi-siècle plus tard, la Republika Srpska a décidé d’ouvrir un parc d’attraction nationaliste à la gloire de l’écrivain, payé par les deniers publics...

Par Aleksandar Trifunović Ivo Andrić menait une existence réservée. Il refusait d’être l’objet de trop d’attention. Pendant sa vie, il n’a jamais voulu retourner voir sa maison natale, à Travnik. Aussi, n’était-il pas très enthousiaste à l’idée qu’on ouvre un musée dédié à sa mémoire. C’était un homme humble, qui avait même une attitude plutôt critique vis-à-vis de cette perspective. « La maison où je suis né n’a rien de spécial, ce n’est pas le château en Bretagne de Chateaubriand, ni l’hôtel de Rohan-Guémené où habitait Victor Hugo à Paris... », avait-il l’habitude de dire. Un complexe touristique contraire aux volontés de l’auteur Emir Kusturica et Milorad (...)

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