Coupe du monde : Danijel Subašić, le gardien « serbe » de l’équipe croate, ou la tolérance à deux vitesses

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Quand les tabloïds serbes ont découvert que Danijel Subašić était le fils de Jovo, Serbe de Croatie, tous les éditorialistes et commentateurs croates se sont piqués de tolérance, et ont entrepris de donner à leurs voisins des leçons d’ouverture : aujourd’hui, le sang ne compte plus, bien entendu ! C’est bien beau, mais ces louables valeurs s’appliqueraient-elles à un fils d’orthodoxe qui ne jouerait pas au football, ne serait pas prix Nobel ou n’aurait pas inventé l’électricité ? Le texte au vitriol de Jutarnji List.

Par Jurica Pavičić Quand, dans les années 1990, les guerres fratricides ont commencé en Yougoslavie, une petite phrase a fait son apparition dans la communication publique, tout d’abord timidement, puis de plus en plus fréquemment. « Avant », disait cette petite phrase, « on ne savait pas qui était quoi ». Celle-ci était fréquemment utilisée par les habitants de régions ethniquement mixtes, comme la Slavonie, la Voïvodine et la Bosnie-Herzégovine. Mais également par les gens ayant grandi dans les ambiances multi-communautaires de villes de garnison comme Pula, Karlovac, Zadar ou Split. Dans ces régions, se côtoyaient sur les bancs de (...)

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