Mix • La Serbie passe à la trap, un rap à l’hédonisme subversif

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Aujourd’hui, les jeunes Serbes ne jurent que par la trap, ce hip-hop trash originaire du Dirty South des États-Unis. Comme leurs idoles noires américaines, les trappeurs balkaniques revendiquent leur appartenance à une marge oubliée et dérangeante et dénoncent l’ordre établi sur fond d’hédonisme outrancier. Le mouvement surfe sur le retour à la mode des années 1990 lancé en 2006 par le MC Juice, toujours l’un des poids lourds du rap serbe. La scène trap se déploie aux quatre coins du pays, organisée en collectifs qui multiplient les collaborations plutôt que les clashs stériles. Les paroles sont crues et évoquent un quotidien en parallèle d’une société déchirée par la transition sans fin. On parle drogues, mais aussi féminisme et lutte des classes. La trap, l’étendard d’une jeunesse qui rêve « qu’advienne ce qui ne doit pas advenir », comme le chante Mimi Mercedez, la star underground du mouvement.