Eleftherotypia

Grèce : 15 mois de prison pour avoir distribué une carte des minorités nationales

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Même à l ‘époque de l’hystérie nationaliste de 1992-93 nous n’avons été les
témoins d’un tel procès. L’accusé était l’architecte Sotiris Bletsas,
poursuivi pour « diffusion de fausse information » (article 191 du code
pénal). Son délit ? Le 1er juillet 1995, lors de la Rencontre panhellénique
annuelle des Vlachs, à Naoussa, il a distribué - en fait, il a remis à
Fotios Kilipiris, le président de l’Union panhellénique des Vlachs - une
publication en langue anglaise du Bureau européen pour les langues moins
répandues, dans laquelle il était mentionné que dans certaines régions de
Grèce on parle, outre le grec, cinq autres langues. [En dehors de l’aroumain
ou vlach, parlé dans les régions montagneuses de Thessalie, d’Epire et du
Pinde, le bulgare, le slave macédonien, l’arvanite, et le turc figuraient
sur la carte proposée par cette brochure.]

Cet événement a provoqué la fureur d’Evgenios Haitidis, le responsable du parti Nouvelle Démocratie pour la région de Serres, également présent lors de cette rencontre. Le résultat fut l’arrestation de M. Bletsas et les charges retenues contre lui. Après divers aller-retour judiciaires dans les deux sens, le cas échut finalement devant la 10e cour de d’Athènes le 2 février [2001]. Le cas aurait dû être considéré comme parfaitement ridicule, puisque le texte contesté (provenant d’une organisation semi-officielle de l’Union européenne) faisait référence non pas à des notions politiques explicites, telles que les minorités, mais simplement à des langues (...)

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