Sarajevo sous le siège : le triomphe de la volonté

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Le siège de Sarajevo, a-t-il rendu les gens meilleurs ? Les dangers et les risques quotidiens leur ont-ils donné un courage hors normes, une bonté incontestable et un soif d’élèvation de l’esprit au dessus de la bassesse humaine ? Il semble qu’il n’était plus simplement question de vie et de mort, mais de vaincre à l’intérieur de soi, de surmonter les impulsions bestiales et monstrueuses qui avaient déclenché la guerre. L’auteur du texte nous décrit ce qu’est ce fameux « esprit de Sarajevo », en nous racontant son histoire avec une chaleur subjective unique.

Par Vedrana Seksan J’ai du mal à me rappeler de quelle pièce de théâtre il s’agissait, mais je me rappelle avoir porté, ce 6 avril-là, des bigoudis sur la tête et d’avoir mis quatre heures, si je me souviens bien, pour choisir les vêtements que j’allais mettre pour aller au théâtre. Quand les coups de feu sont devenus plus sérieux, ma mère a lancé de son lit : « Je ne bougerai pas de chez moi », c’est-à-dire du septième étage d’un bâtiment typiquement socialiste, tandis que moi, j’étais dans la phase des dernières préparations. Quand une balle est entrée par la fenêtre et s’est enfoncée dans le coussin, à quelques cinq centimètres (...)

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