« Turbo-architecture » en Serbie : la folie de l’ancien neuf, ou le syndrome Skopje 2014

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La construction d’immeubles faussement classiques, à l’instar de Skopje 2014, prend de plus en plus d’ampleur à Belgrade, et un peu partout ailleurs dans les Balkans. D’où vient cet engouement pour le stuc, les frontons en plâtre et les lions dorés ? Sara Dević, chercheuse en architecture et urbanisme, a mené l’enquête.

Traduit par Chloé Billon Un phénomène étrange est à l’œuvre à Belgrade : on voit s’élever de plus en plus d’immeubles… anciens. Curieuse, j’ai composé le numéro d’une agence, affirmant que j’étais très intéressée, car « rien ne vaut l’ancien ». La voix à l’autre bout du fil m’a interrompu, assurant que le bâtiment était « complètement neuf » et qu’il s’agissait d’une « reproduction très luxueuse des immeubles des années trente, comme on les construisait à l’époque, car cela évoque aux gens l’Europe… » C’est donc ça ! Telle était peut-être également l’arrière-pensée des initiateurs du tristement célèbre projet urbanistique « Skopje 2014 », consistant à affubler (...)

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