Offre spéciale Noël • Le coffret cadeau Yougoslavie

Une sélection du Courrier des Balkans à prix cadeau : la biographie de référence de Josip Broz Tito, un roman d’enfance slovéno-triestino-yougoslave et l’indispensable documentaire de Mila Turajlić sur Tito et le cinéma. Un cadeau révolutionnaire à poser sous le sapin de Noël, ou à s’offrir dès ce 29 novembre !

Joze Pirjevec, Tito, préface de Jean-Arnault Dérens, Paris, CNRS, 2017, 696 pages, 27€

Voici enfin traduite en français la grande biographie de Tito par Joze Pirjevec, saluée mondialement comme l’ouvrage le plus abouti sur l’ancien maître de la Yougoslavie. Fondée sur une quantité impressionnante d’archives inédites – découvertes à Belgrade mais aussi aux États-Unis, en Russie, en Grande-Bretagne, en Allemagne –, l’étude de Pirjevec explore les zones d’ombre, fait revivre les paradoxes et les ambiguïtés d’un Tito que rien ne semblait destiné à se hisser au rang des chefs d’État les plus influents du XXe siècle.

Comment ce fils d’apprenti, ancien ouvrier d’usine, est-il parvenu à s’emparer du Parti communiste yougoslave ? Quelle fut la nature de son engagement dans les Brigades internationales du temps de la guerre d’Espagne ? Comment comprendre son rôle de partisan, passé maître dans l’art de la guérilla, durant l’occupation de son pays par les nazis ? Quelle fut sa responsabilité dans le massacre des Croates oustachis en 1945 ? Staline a-t-il vraiment cherché à l’empoisonner ? Comment, dans l’après-guerre, Tito s’est-il imposé comme l’une des principales figures des non-alignés ?

Pirjevec n’élude aucune de ces questions, poussant son enquête dans les replis les plus intimes de ce grand amateur de femmes et de luxe, fasciné par le pouvoir qu’il exerça d’une main de fer malgré quelques timides concessions à la démocratie.

Marko Sosič, Tito amor mijo, Paris, Editions franco-slovènes & Cie, 2016, 190 pages, 15€.

« Cher ange gardien, fais que toutes les pharmacies manquent de vicks, parce que maman m’en badigeonne le dos et la poitrine tous les soirs. Elle croit que le vicks va chasser l’ombre qui est sur mes poumons. Je veux que l’ombre qui est sur mes poumons reste dessus parce que comme ça je verrai de nouveau Alina à Laze, près de la rivière qu’on appelle tout bas Nediza. Fais que madame Slapnik m’apprenne à bien parler le slovène. Elle, elle sait, parce qu’elle est arrivée avec son mari de Yougoslavie. J’ai peur de son mari, parce que oncle Albert dit qu’il a du sang sur les mains. Fais que je comprenne pourquoi il a du sang sur les mains et que je n’en aie plus peur. Fais que je puisse participer à l’excursion qu’organise l’école pour que je puisse voir la République de Slovénie, dont tout le monde dit que c’est ma patrie. Une petite patrie dans la grande patrie de la République socialiste fédérative de Yougoslavie. Fais que je comprenne ce qu’est la patrie parce que oncle Albert dit que notre patrie, c’est toute la Yougoslavie, alors que madame Slapnik dit que notre patrie, c’est seulement la Slovénie, et maman dit que nous sommes des Slovènes qui vivons en Italie et que nous avons deux présidents, monsieur Saragat et le maréchal Tito, qui n’est pas un monsieur mais un camarade. Oh, que je n’oublie pas : fais que je comprenne qui est ce monsieur avec un grand chapeau de paille que je n’avais jamais vu avant et qui se tient toujours près du kiosque à journaux. Pourquoi ? Amen. J’éteins la lampe et, dans mes pensées, je vois la mer, qui est là-bas, de l’autre côté de la colline. Bleue et profonde. »

Tito, amor mijo, paru en 2005, est tout à la fois un roman d’apprentissage, un roman d’amour et un roman d’histoire. Entouré d’adultes dont il essaie de comprendre les contradictions, imprégné de noirs récits liés à la Seconde Guerre mondiale encore très proche — nous sommes à Trieste à la fin des années 1960—, le jeune narrateur pose des questions qui ne sont jamais innocentes. Son regard, parfois cruel, est cependant toujours empreint d’une grande poésie.

Mila Turajlić, DVD Il était une fois en Yougoslavie : Cinema Komunisto, Paris, Les mutins de Pangée, 2014, durée 101 minutes, livret de 36 pages, 18€

« Voilà l’histoire d’un pays qui n’existe plus... Sauf au cinéma. » Partant des studios Avala, le « Hollywood de l’Est », où furent tournés des centaines de films, parmi lesquels de grandes coproductions internationales, la cinéaste remonte le temps. Dès la constitution de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, Tito comprend que le cinéma peut contribuer à l’unification nationale. Pour cela, il faut créer un mythe fondateur : ce sera le film de partisans. La perpétuelle narration de la guerre de libération va ainsi peupler l’imaginaire des Yougoslaves pendant toute la durée de leur vie commune.

En interrogeant ceux qui firent ce cinéma populaire, la réalisatrice Mila Turajlić décrit le rôle personnel de Tito, cinéphile impénitent qui aurait visionné près de 9000 longs-métrages, dans la mise en place d’une Yougoslavie idéale. Avec son montage virtuose, Cinema Komunisto montre les liens consanguins entre fiction et réel, et évoque avec une pointe de nostalgie - et d’humour - un système politique qui préférait que les bombes explosent sur les écrans plutôt que dans les rues.

Frais de port offerts sur le dvd et le second livre : 8€ seulement pour l’ensemble du coffret

  • Joze Pirjevec, Tito / Marko Sosič, Tito amor mijo / Mila Turajlic, Dvd il était une fois en Yougoslavie : Cinema Komunisto.
  • Prix : 60.00 €
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