Roumanie : les pauvres, eh bien qu’ils crèvent

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Quand la nouvelle ministre des Finances a déclaré que les Roumains devaient prendre modèle sur les Indiens ou les Brésiliens, « qui sont prêts à travailler pour des cacahuètes », elle a, dans un éclair de lucidité rare chez les puissants, dit la vérité. Elle a décrit, sans le vouloir, la trajectoire de la transition post communiste, du néolibéralisme au « darwinisme social ».

Par Florin Poenaru (anthropologue et co-éditeur de Lefteast. Il travaille sur les questions des classes sociales et du post communisme) Après 1989, les élites néo-libérales d’Europe de l’Est ont justifié les politiques d’ajustement structurel qui ont dévasté la région, et plus particulièrement la classe ouvrière, par la promesse qu’elles étaient la condition sine qua non pour atteindre la prospérité occidentale. En comparant les travailleurs roumains à ceux des pays du Sud et pas à ceux des pays de l’UE - dont la Roumanie est membre depuis 2007 - Anca Dana Dragu a dit tout haut ce que des experts et universitaires pensent tout bas depuis (...)

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