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Slavoj Žižek sur le Kosovo : « l’Occident n’aime les Albanais que lorsqu’ils sont en position de victimes »

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L’Occident aimait bien les Albanais quand ils étaient des victimes impuissantes. Par contre, s’ils veulent se déplacer en Europe, ils deviennent des migrants à problème et, s’ils veulent prendre en main leur destin, on les accuse vite de « radicalisme ». Pour le philosophe slovène Slavoj Žižek, l’Occident voudrait un Kosovo indépendant mais « décaféiné ». Pour construire un véritable État, les Kosovars doivent encore se libérer de la tutelle internationale. Entretien.

BIRN : Dans votre livre, Fragile absolu [1], vous développez la thèse selon laquelle les Albanais ne reçoivent de soutien international qu’aussi longtemps qu’ils demeurent dans une position de victimes, de sujets dépolitisés. Quand ils veulent se déplacer, ils deviennent des sujets à problèmes, et quand ils veulent que ça bouge chez eux, on les traite de fondamentalistes, de terroristes, de radicaux, etc. Comment expliquez cette situation ? Slavij Žižek (S.Ž.) : Premièrement, je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de spécifique au Kosovo dans tout cela. Il s’agit simplement d’une attitude bien-pensante dégoûtante, celle de la charité occidentale (...)

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