Dani

Sarajevo / Chicago : sentiments d’appartenances

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La nostalgie est un sentiment impossible sans changement de pays. Tel un rhumatisme, « cette maladie » ne se soigne pas... L’écrivain Aleksandar Hemon explique la relation qu’il entretient avec les deux villes de sa vie, Sarajevo et Chicago.

Par Aleksandar Hemon [1] J’ai vécu la fin des années 1980 à Sarajevo, follement amoureux. Ceci était naturel et le beau temps était de la partie : des jardins remplis d’acacias, des relations charnelles dans ma « fico » [2] - une jeunesse quasi parfaite. Malgré cela, ma petite amie de l’époque voulait disparaître de Sarajevo, quelque part dans l’Occident libre, parce qu’elle ressentait qu’elle n’appartenait pas à cette ville. Futur voyageur, j’ai appelé l’ambassade du Canada, avec conviction, pour me renseigner sur les modalités de départ pour les jeunes, mais toute la conversation était si humiliante et si décourageante que j’ai abandonné jusqu’à la (...)

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