L’île ottomane d’Ada-Kaleh, un paradis englouti entre la Roumanie et la Serbie

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Halva et nougat, figues truffées aux noix, sorbets à la menthe... Sur Adah Kaleh flottait autrefois un parfum oriental qui, depuis les Grecs, avait transformé en paradis exotique cette légendaire et minuscule île au milieu du Danube, coincée entre la Serbie et la Roumanie. Cette île n’existe plus, la main de l’homme l’a engloutie sous les eaux du fleuve, un beau matin de 1971.

La Roumanie fera de l’île un paradis fiscal, construisant une école où l’on enseignera aussi bien le roumain que le turc, ouvrant une fabrique de cigarettes, de loukoums et de nougat et un atelier de couture. Une mairie verra le jour ainsi qu’une bibliothèque, une librairie, un cinéma, un bureau de poste, une station de transmission-radio. Une église orthodoxe et une moquée seront élevées. Cette prospérité fera la renommée de l’île, y attirant de nombreux touristes, dont le roi Carol II et, plus tard, la nomenklatura communiste. Elle provoquera aussi la convoitise des trafiquants qui y creuseront des tunnels sous le fleuve pour transporter (...)

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