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Monténégro : réécrire l’histoire pour construire l’identité nationale

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Depuis que le Monténégro a recouvré son indépendance, en 2006, les manuels d’histoire ont été réécrits, privilégiant l’histoire nationale au détriment de l’histoire européenne et mondiale. Surtout, ils mettent l’accent sur ce qui différencie les Monténégrins et les Serbes, insistant sur des épisodes qui ont longtemps été occultés, comme la violence de l’unification du Monténégro à la Serbie, en 1918. Cette démarche relève d’une affirmation identitaire qui ne fait pas forcément bon ménage avec l’approche scientifique et qui suscite, en tout cas, l’ire des courants pro-serbes.

Predrag Ražnatović lit rapidement, à haute voix, la partie du livre d’histoire qui annonce que les Serbes ont tué des milliers de Monténégrins en 1918. Il n’y croit pas, mais il lit tout de même. Il est professeur d’histoire à Podgorica depuis quinze ans. Il enseigne l’histoire d’un pays relativement récent en s’aidant d’un manuel encore plus récent. Bien qu’il reconnaisse qu’un livre d’histoire porte le « cachet de son temps », il soutient que « la priorité de l’éducation devrait être l’éducation ». Le professeur n’est pas seul à critiquer ce nouveau livre, qui se focalise sur le Monténégro au détriment de l’histoire mondiale, et déformerait l’histoire de la (...)

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