Opinions

Le procès de Milosevic vu des Balkans : une néfaste mythologie en cause

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Ce n’est pas seulement un homme politique et un chef d’Etat qui est jugé devant le Tribunal pénal international de la Haye. Il s’agit, pour celui qui observe de plus près les Balkans, de bien plus. Les actes d’accusation et les faits qu’ils résument, tels qu’ils ont été présentés par les autorités judiciaires et vécus durant la guerre en Croatie, en Bosnie et au Kosovo, relèvent d’une mythologie – ou des mythologies - dont les racines sont profondes.

Le résultat idéal du procès en cours serait de montrer au grand jour, à côté des scénarios politiques déjà examinés et des effets connus de leur application, les causes qui les ont engendrés, stimulés, banalisés. Qui ont permis de faire d’un personnage, occupant au début de sa carrière des places secondaires, un idole national vénéré, un tyran inspirant crainte et obéissance et, en fin de compte, principal chef d’un orchestre d’assassins. Ce n’est nullement l’obligation d’une cour pénale de s’interroger sur les causes de certains fantasmes, des mythologies qui les font naître ou les soutiennent. Le tribunal de Nuremberg en 1945 s’était lui aussi limités (...)

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