Le « nettoyage mémoriel » à l’assaut des dernières traces du socialisme et de la Yougoslavie

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Monuments renversés, rues rebaptisées... Depuis les années 1990, dans les républiques de l’ancienne Yougoslavie, les symboles du socialisme sont abattus au profit de nouveaux monuments réhabilitant le fascisme. Ainsi s’efface un pan entier de la mémoire. Mais aujourd’hui, dans un retournement de l’Histoire, des chercheurs commencent à se pencher sur le pouvoir d’émancipation du projet yougoslave. Nommer une rue à la mémoire de Tito serait-il susceptible de menacer l’ordre établi ? Entretien.

Gal Kirn travaille au Centre de recherches de l’Académie slovène des arts et des sciences. Il est l’auteur d’un recueil sur le post-fordisme, et rédacteur à la revue Matérialisme historique. Il est aussi actif auprès de l’Université des travailleurs et des punks (Delavsko-punkerska univerza) à Ljubljana. Novosti (N.) : On dirait qu’aujourd’hui se souvenir du socialisme yougoslave est devenu en quelque sorte une activité subversive… Gal Kim (G.K.) : Depuis vingt ans, le souvenir des partisans, de la révolution et de la Yougoslavie est refoulé. On évoque l’héritage yougoslave seulement à travers le prisme du totalitarisme ou bien de la (...)

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