Osservatorio sui Balcani

La Turquie (re)découvre sa vocation de pays d’immigration

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En juillet dernier, plus de 40 immigrés clandestins originaires de pays d’Asie sont morts asphyxiés dans le camion qui les transportait, après un accident de la route survenu près de la ville de Gaziantep, au Sud-Est du pays. La Turquie s’est toujours perçue comme pays de transit et non de destination finale de l’immigration. Aujourd’hui, la situation est en train de changer. Entretien avec Ahmet Icduygu, directeur du centre de recherche sur les migrations de l’Université Koc d’Istambul.

Propos recueillis par Fabio Salomoni Osservatorio sui Balcani (OSB) : Professeur Icduygu, essayons de dresser un panorama des phénomènes migratoires qui affectent la Turquie. Je crois que ce phénomène a de nombreuses facettes... Ahmet Icduygu (AI) : Oui, bien sûr. Pour commencer, à la fin des années 1970, après la prise de pouvoir par l’Ayatollah Khomeiny, sont arrivés de nombreux Iraniens qui voyaient la Turquie comme un pont, comme un point de transit, vers d’autres destinations : Europe, Australie, Etats-Unis... Une sorte de condition privilégiée leur a été reconnue : aucune obligation de visa pour entrer en Turquie, et une sorte de droit d’asile (...)

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