Nin

« La Serbie, un État inachevé » : histoire imaginaire, fantasme des frontières

| |

Glorieux exploits, glorieux sacrifices, glorieuse mémoire… Et derrière ces miroirs aux alouettes, qu’est-ce qu’il y a ? L’historienne Dubravka Stojanović décortique la logique d’instrumentalisation de l’Histoire par les élites intellectuelles et politiques serbes depuis la fin du XIXe siècle. Ou comment exalter les fantasmes nationaux pour mieux soustraire le pouvoir au contrôle du peuple. Entretien.

Propos recueillis par Vesna Mališić NIN (N.) : Qui a intérêt à déformer le miroir de l’Histoire ? Les historiens, les pseudo-historiens, les politiciens ? Dubravka Stojanović (D.S.) : L’Histoire n’est pas ici comprise comme une science ou une discipline à enseigner. C’est un espace ouvert aux manipulations politiques, un outil de fabrication de l’identité nationale, une formation prémilitaire ou encore un sujet de conversation lors des fêtes de famille… On la déforme pour mieux tromper les citoyens. On leur remonte le moral en évoquant les chroniques d’un passé glorieux. Ou bien on leur fait peur en rappelant des souvenirs qui s’inscrivent (...)

Pour lire la suite de cet article, abonnez-vous ou identifiez-vous !

S'abonner      Identifiez-vous