Paris (75013)

L’âge d’or de la photographie albanaise 1858–1945

| Le

Colloque organisé par Loïc Chauvin et Christian Raby

avec le centre parisien de l’Université de Chicago
et l’Ambassade d’Albanie à Paris

Présentation

L’Albanie reste malheureusement connue comme le pays qui a subi pendant un demi-siècle l’un des régimes communistes les plus totalitaires. C’est aussi le pays des Balkans qui a le plus largement subi les influences orientales de l’empire ottoman. Mais l’Albanie est également le pays des aèdes, ces poètes, voyageurs et conteurs, à l’intarissable mémoire dont l’origine remonte aux temps homériques.

Étonnamment, l’Albanie s’est ouverte très tôt à la photographie. L’histoire débute dès les années 1850 avec l’exil d’un insurgé garibaldien, devenu le premier photographe albanais sous le nom de Pjetër Marubi. Lui succèderont de nombreux autres photographes qu’ Ismail Kadaré appellera les « aèdes de lumière ».

L’histoire politique ou littéraire de l’Albanie a toujours été inattendue, tragique, excessive. L’histoire de sa photographie ne l’est pas moins. Et si cette histoire est méconnue en France, en Europe, elle l’est tout autant en Albanie même. Comme art et médium privilégiés de l’âge industriel, elle institue de nouveaux rituels sociaux. La photographie est l’image que l’homme moderne occidental veut conserver du monde et celle qu’il veut donner de lui-même. En Albanie, le sentiment d’une identité nationale et le développement de la photographie se sont nourris mutuellement et s’éclairent l’un l’autre.

Que l’Albanie, encore sous la domination ottomane, ait produit le fonds photographique le plus important des Balkans mais aussi l’un des plus importants d’Europe, présage-t-il d’aspirations démocratiques et européennes ?

Le rôle de la photographie dans l’histoire de l’Albanie à l’aube de son indépendance est-elle la marque d’une modernité en rupture avec l’ancienne dépendance d’Istanbul ou le résultat d’un processus de modernisation déjà présent au cœur même de la civilisation ottomane ?

À l’âge d’or de la photographie albanaise a succédé un âge de fer. Aujourd’hui, après un demi-siècle de totalitarisme, l’Albanie se tourne à nouveau vers l’Europe. Se pencher sur l’un des joyaux de son histoire, c’est une manière de lui souhaiter la bienvenue après une si longue absence.

Conférences et tables rondes

Jeudi 12 février 2009 de 14h à 20h

14h00 Discours d’ouverture
Mme Françoise Meltzer, directrice de l’Université de Chicago à Paris,
M. Ylljet Alicka, ambassadeur d’Albanie

Conférences

14h10 La découverte de la dynastie Marubi
Loïc Chauvin (concepteur du livre Albanie, visage de Balkans)

14h30 Le rôle du sénateur français d’Estourelles de Constant dans l’indépendance albanaise et le témoignage des photographies
Kaliopi Naska (historienne)

15h00 L’Âge d’or de la photographie albanaise
Christian Raby (professeur de philosophie et de photographie)

16h15 Rupture ou continuité, modernisation dans l’empire ottoman
ou européanisation de l’Albanie ?
Aurel Plasari (directeur de la Bibliothèque nationale de Tirana)

16h45 Les photographes de l’empire austro-hongrois dans les Balkans
Dashnor Kokonozi (journaliste)

16h45 Pause café

17h00 Albanie en couleur : la collection Albert Kahn, 1913
Robert Elsie (écrivain, spécialiste d’études albanologiques)

17h30 La photographie et la censure pendant l’époque totalitaire en Albanie
Luan Rama (écrivain, journaliste)

Tables rondes

18h00 Les thèmes et les acteurs de la photographie albanaise de 1858 à 1945
Modérateur : Ylljet Aliçka

18h30 L’exotisme albanais et la photographie européenne
Modérateur : Christian Ruby

19h00 La photographie au service du régime d’Enver Hoxha : la métamorphose d’un médium
Modérateur : Jean-Paul Champseix

Informations pratiques

Université de Chicago
6, rue Thomas Mann
75013 Paris
T. 01 53 94 78 80
M° et RER – Bibliothèque François-Mitterrand
contact : chauvin.raby@gmail.com