Gazmend Kapllani

Je m’appelle Europe

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Je m’appelle Europe témoigne de la vie apparemment ordinaire d’un immigré qui s’immerge dans une nouvelle culture. C’est le roman d’une renaissance : découverte d’une autre langue, initiation aux sens cachés derrière les mots et expressions les plus banals, exploration de l’étrangeté fondamentale du statut d’immigré dans une société en proie à de nombreux démons, apprivoisement de l’autre au moment de nouer les premiers liens affectifs dans une nouvelle patrie.

Une curiosité insatiable envers tous ceux qui, comme lui, ont dû s’inventer un nouveau moi, un nouveau présent, amène le narrateur à laisser parfois la parole à d’autres migrants, venus des quatre coins du monde, et qui racontent leurs parcours souvent extravagants, la manière dont ils essayent de se retrouver dans leur histoire personnelle, pleins de désespoir, de résignation ou d’énergie.

Les pages de ce roman comptent parmi les plus subtiles qui aient été écrites sur cette expérience si particulière consistant à changer de langue. Je m’appelle Europe confirme tout le talent que la critique française et étrangère a reconnu à Gazmend Kapllani. Un talent qui fait de lui l’une des voix les plus précieuses de la littérature européenne contemporaine.

Traduit du grec par Françoise Bienfait et Jerôme Giovendo.

L’auteur
Gazmend Kapllani est né en 1967 en Albanie. En janvier 1991, il immigre en Grèce, où il travaille comme ouvrier du bâtiment, cuisinier et kiosquier, tout en poursuivant des études à l’université d’Athènes, où il soutient un doctorat sur la représentation des Albanais dans la presse grecque et des Grecs dans la presse albanaise. C’est aujourd’hui un auteur en vue, un dramaturge et poète reconnu, et son éditorial bihebdomadaire dans le plus grand quotidien grec, Ta Nea, fut une référence dans le monde des médias grecs et plus largement balkaniques. Il a désormais renoncé à ses activités de journaliste pour se consacrer à l’écriture. Ses trois premiers romans explorent la façon dont l’expérience totalitaire, l’immigration, la notion de frontière et l’histoire complexe des Balkans ont modelé destins individuels comme représentations collectives. Ses livres sont traduits dans de nombreuses langues. À travers ses éditoriaux et ses romans, il s’est fait l’ardent défenseur des droits de l’homme, de la justice et des minorités.

Critiques
« Gazmend Kapllani fait la part belle à des réflexions sur les liens que l’on tisse avec une langue étrangère. Les pages les plus originales sont celles qu’il réserve à son expérience de l’apprentissage d’une nouvelle langue et le plaisir, presque sensuel, de la faire sienne. » Notes bibliographiques

« Il y a la langue, bien sûr, qui représente le premier pas essentiel, la première barrière à franchir après la frontière, mais il y a également tout ce qui habite le quotidien » Stéphanie Joly, Paris-ci la culture

« Lire Kapllani, c’est dire merde pour un moment aux pensées toutes faites et aux statistiques serinées au JT, ne plus penser en pourcentages et autres quotas pour regarder les hommes qui se cachent derrière. C’est être un peu plus humain soi-même » Bertrand Guillot

« Il faut en effet tout réapprendre, interpréter attitudes et comportements, ouvrir ses oreilles et se perdre dans les sons d’une nouvelle langue, ouvrir ses yeux et décrypter messages et coutumes inhabituels, accepter les humiliations, surmonter ses peurs, faire profil bas sans perdre sa dignité, et, toujours, se savoir indésirable. L’humour et l’ironie féroces ou souriants confèrent à ce texte volontairement concret, quotidien, voire anecdotique la force d’une fable moderne. » Cécile Sales, revue Etudes