Osservatorio Balcani e Caucaso

Grèce : les musulmans de Thrace, « si proches, si lointains »

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Quelque 120.000 Turcs et Pomaks forment la minorité « musulmane » de Thrace occidentale. En Grèce, ces citoyens au statut particulier sont toujours très peu connus, malgré les progrès rapides et récents de l’intégration et de la scolarisation. Une exposition de photographies de Pepi Loulakaki au musée Benaki d’Athènes rouvre le débat. Rencontre avec la psychologue sociale Thania Dragona.

Par Gilda Lyghounis L’image est celle d’une jeune femme entièrement vêtue, les cheveux enveloppés dans un foulard, enfoncée jusqu’aux genoux dans la mer faisant face à Alexandroúpoli – la dernière ville grecque sur la côté égéenne avant la frontière turque. Cette femme est musulmane ; elle appartient à la minorité de Thrace orientale. Une communauté d’environ 120.000 personnes dispersées dans les zones rurales montagneuses de la frontière bulgare, autour de Xánthi et de Komotini, ou sur le littoral, près d’Alexandroúpoli. La majorité est turcophone [1], mais près d’un tiers de la communauté est constitué de Pomaks, des musulmans bulgarophones [2]. (...)

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