Crimes de guerre en Bosnie : dans l’horreur des camps du HVO

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Quinze ans après avoir refait sa vie aux États-Unis, Almaz Nezirović a fini par être rattrapé par son passé de criminel de guerre. Il croupit depuis juillet 2012 dans un pénitencier de Virgnie et devrait être prochainement extradé. Au début des années 1990, il a torturé des civils serbes dans un camp du HVO. Le Courrier des Balkans a rencontré deux de ses victimes, qui racontent l’horreur.

Par Philippe Bertinchamps « Ça, c’est la rue Vukovar… Tout a été incendié, détruit, reconstruit… Au moins une famille sur deux a perdu un proche. Tenez, regardez mes orteils ! Et mes doigts (il montre des cicatrices profondes, NDLR.). Et ma tête, vous l’avez vue ? J’ai l’oreille coupée, le nez cassé et 27 blessures dans le crâne ! Ils m’ont charcuté au couteau Et ils y ont mis du sel. J’ai le corps rempli de sel ! Enfin, le sel, ça conserve, hein ! Vous voulez que je vous parle d’Almaz, notre bourreau local ? C’est lui qui m’a torturé. C’était un Rrom, c’est-à-dire, dans notre société, un bitanga, un moins que rien. Comme Azra, c’était un (...)

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