Roman Prix France Turquie 2014 - Ziyan

  • Hakan Günday, Ziyan, traduit du turc par Jean Descat, Paris, Galaade éditions, 2014, 400 pages
  • Prix : 24.00 €
zyanUn mauvais rêve peut-il transformer l’existence de quelqu’un en cauchemar ? Peut-il lui faire abandonner son éducation à mi-parcours ? Le rendre fou ?

ll a vingt ans, il est soldat. Dans l’est de la Turquie, où l’armée contrôle les populations kurdes, lutte contre les rebelles du PKK et la contrebande généralisée, la vie au quotidien est dure. Au cœur d’un hiver interminable, les tours de gardes sont de véritables supplices – sans compter les relations difficiles avec la population locale et la hiérarchie militaire.

Une nuit, un homme lui rend visite. Il dit s’appeler Ziya Hur?it, l’un des conjurés qui fut pendu pour avoir participé à la tentative d’assassinat contre Mustafa Kemal en 1926. Est-ce la fatigue ou l’hypothermie qui provoque chez le soldat une telle hallucination ? Serait-ce que son esprit tourmenté s’enfonce progressivement dans la folie ?

Ziya lui raconte sa découverte de l’Allemagne au début des années 1910, l’avant-garde artistique de Berlin, Dantzig, la guerre au sein de la marine allemande, puis la Turquie occupée et démantelée, enfin sa rencontre avec Mustafa Kemal et son rôle dans le mouvement de libération et la reconstruction du pays, jusqu’au jour où, face à la montée d’une nouvelle classe politique trop éloignée de ses idéaux, le terrorisme lui apparaît comme la seule échappatoire.

Hakan Günday, à propos de Ziyan :

«Ziya Hur?it, l'homme qui a été accusé d'entreprendre un attentat contre Atatürk, et qui a été condamné à mort en 1926, c’est mon arrière-grand-oncle. C'est l'oncle de mon grand-père (du coté de mon père). Personnellement, cette histoire m'avait toujours fasciné et que je voulais écrire sur cet homme appartenant à ma famille qui s'attaquait à un autre homme connu comme le "père de la nation". Comme les documentations sur le sujet sont rares, il a fallu que j'invente sa vie. L'université a Dantzig, la guerre de Skagerrak, la vie de parlementaire dans le premier parlement de la république et la pendaison sont réelles... mais le reste a été inventé.

[…]

Je voulais aussi dénoncer le service militaire obligatoire et les conditions imposées aux jeunes hommes durant ce service. Ce livre a ainsi pu être comparé avec le fameux livre antimilitariste de Joseph Heller, Catch 22. Mais je crois que mon idée de départ était de créer une sorte de Full Metal Jacket dont l'histoire se déroulerait en Turquie et qui contiendrait des faits quotidiens auxquels les gens sont tellement habitués qu'ils n'en parlent plus. Comme l'objection de conscience n'est pas légalisée en Turquie, le service militaire obligatoire reste une réalité avec laquelle il faut vivre. Et pour pouvoir réfléchir sur cela, il fallait que l'histoire soit basée sur une mécanique hiérarchique, sur les relations entre les soldats, sur les notions d’autorité et d'obéissance... Et il fallait démontrer que tout ça n’a aucun sens...»

«Les fantômes de l’histoire. Après D'un extrême l'autre acclamé par la critique, voici Ziyan, plongée dans une Turquie profondément tentée par l'Europe, mais hantée par son passé.» – France Culture

«La colère peut-être une valeur littéraire, à condition qu’elle soit domptée […] par une structure romanesque sophistiquée, comme celle élaborée par le turc Hakan Günday. […] Quand elle s’accompagne de tant d’honnêteté, quand elle débouche sur des analyses si fines, la colère n’est plus seulement une valeur littéraire, mais une valeur politique.» – Alternatives Internationales

«L’agent provocateur Hakan Günday, jeune star de la littérature turque : urbain, radical, brut de décoffrage» – Arte

«Le plus décoiffant des auteurs turcs» – Livres Hebdo

«On ne peut qu’être émerveillé par la capacité de Hakan Günday à introduire autant de beauté dans la noirceur du monde qu’il représente.» – Page des libraires
  • Hakan Günday, Ziyan, traduit du turc par Jean Descat, Paris, Galaade éditions, 2014, 400 pages
  • Prix : 24.00 €