Roman - Tol

  • Murat Uyurkulak, Tol, traduit du turc par Jean Descat, Paris, Galaade éditions, 2010, 379 pages
  • Prix : 21.90 €
tolAutrefois, la révolution était une fort séduisante possibilité. Je me rappelle ces jeunes civils regardant avec curiosité les somptueuses résidences. Ces êtres rachitiques arpentant les larges avenues, ces femmes en noir mangeant des mûres, ces bouches desséchées proférant des mots implacables… La bouche de ma mère était affreusement mutilée. Lorsque je trouvais la force de la regarder sans terreur, elle ouvrait cette bouche, au milieu de son visage tout couvert de cicatrices, et répétait toujours la même chose : “Ils nous ont baisés et ils baiseront aussi nos enfants. Tout ce qu’il y a en eux d’histoire, de prières, d’armes et même de gloire, ils le vomiront sur nous…” Ma mère était un peu cinglée. Je venais d’entrer à l’école primaire lorsqu’elle s’est vengée. 

Tol est l’histoire d’une vengeance. C’est aussi une étrange odyssée dans les collines anatoliennes, jusqu’à Paris, Londres ou Rome. En pleine nuit, le pays est réveillé par une violente explosion. D’Istanbul à Diyarbakir en terre kurde, un train roule dans une steppe immense. À son bord, Yusuf, qui n’a plus ni père ni mère, ni même un nom, Yusuf, suspect aux yeux d’un pouvoir totalitaire, laisse encore une fois une ville derrière lui. Face à lui, ?air, le Poète. Ils se connaissent – peut-être. Un terrible secret les lie à jamais. Avec Tol, c’est la soif d’une utopie folle et l’urgence d’une révolution que Murat Uyurkulak nous livre, dans un cri singulier où résonnent, au loin, les voix de Nâzim Hikmet, de Che Guevara ou de Rosa Luxemburg.

« Les personnages de Tol, le détonnant premier roman de l'écrivain turc Murat Uyurkulak sont des âmes broyées qui cherchent à se venger, et à payer pour la "malédiction d’être encore en vie" […]. La phrase qui ouvre le roman, "Autrefois, la révolution était une fort séduisante possibilité", porte tout le sens du livre. Il s'agit en effet de ranimer la révolution rêvée jadis, à travers l'effeuillement d'histoires clairsemées, incomplètes, qui viennent ponctuer le récit, l'envahir. » – Le Matricule des anges

« Chapeau bas à Galaade, maison engagée et indépendante, qui aime prendre des risques et nous offre là une belle découverte. Murat Uyurkulak, un nom à retenir. » – Mouvement

« D'Istanbul à Diyarbakir. L’une des meilleures plumes de sa génération. » – Livres Hebdo

« Murat Uyurkulak semble habité par un volcan intérieur. Il a écrit Tol, son premier roman, comme on pousse un cri. Sa langue argotique, très travaillée, a saisi les lecteurs à la parution en 2002. Tout comme l’évocation sans fard du coup d’État et de la guerre contre les Kurdes. » – Le Temps

« Murat Uyurkulak : la nostalgie de l’engagement politique et le désarroi d’une jeune génération sacrifiée au discours militant. » – Siècle 21

« Avec Tol, Murat Uyurkulak suit le chemin de la vengeance à laquelle mènent des vies brisées, des vies bannies ; il donne un aperçu non officiel de l’histoire non officielle de la Turquie. » – Yeni ?afak
  • Murat Uyurkulak, Tol, traduit du turc par Jean Descat, Paris, Galaade éditions, 2010, 379 pages
  • Prix : 21.90 €