Turquie : la machine AKP d’Erdoğan est-elle en panne ?

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Après avoir perdu la mairie d’Istanbul, l’AKP, le parti « islamo-conservateur » au pouvoir depuis 2002, fait face à des démissions en série. Le système Erdoğan est-il en train de craquer ? 

Jean Marcou, spécialiste de la Turquie et enseignant-chercheur à Sciences Po Grenoble, revient sur les transformations de l’AKP, son fonctionnement, ses soutiens, ses détracteurs et son avenir. Entretien.

Propos recueillis par Claire Corrion Le Courrier des Balkans (CdB) : Que reste-t-il du Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkınma Partisi, AKP) depuis sa fondation en 2001 ? 

Jean Marcou (J.M.) : L’AKP a été créé après l’échec des deux partis de la mouvance islamiste des années 1990, le Parti de la prospérité (Refah Partisi) et le Parti de la vertu (Fazilet Partisi), en vue d’élections législatives à venir. L’AKP est issu de la branche modernisatrice du parti Fazilet apparue juste avant sa dissolution. Son objectif était de prendre le pouvoir en rompant avec la ligne traditionnelle de l’islamisme turc exprimée par son père (...)

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