Bosnie-Herzégovine : Slobodan Praljak ou le massacre de la culture

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Le 29 novembre, Slobodan Praljak se suicidait en avalant un capsule de cyanure juste après la lecture du verdict du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. L’homme, ancien écrivain, cinéaste et directeur de théâtre, était accusé, entre autres, d’avoir ordonné la destruction du vieux pont ottoman de Mostar, symbole culturel de cette ville multi-ethnique, en novembre 1993.

Par Gordana Knezevic « Mon Dieu, protège-moi de l’héroïsme serbe et de la culture croate » est l’une des remarques les plus connues de Miroslav Krleza (1893-1981), un grand écrivain yougoslave et croate. Il n’a pas vécu assez longtemps pour voir la destruction de la Yougoslavie pendant les guerres des années 1990, mais il a mis le doigt, à sa manière ironique, sur les concepts nationalistes qui ont joué un grand rôle dans l’effondrement de son pays. Le procès de Slobodan Praljak en est une parfaite illustration, puisque le premier chef d’inculpation par le TPIY a été la destruction du Vieux Pont de Mostar. Les Cinq de Prlić Slobodan (...)

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