Serbie : l’extrême droite et le « mauvais genre » de la langue

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Une écrivaine, une institutrice ou une pompière : en Serbie, une nouvelle loi oblige à féminiser les noms des professions. Les milieux conservateurs s’insurgent, alors que la tendance à tenir compte du genre est attestée dans la langue serbe depuis au moins le XIXe siècle... Et l’on parlait même, à l’époque socialiste, des chauffeuses de tracteur.

Traduit par Chloé Billon (article original) « Ils font violence à la langue », « ils ridiculisent la langue », « ils veulent imposer une novlangue »... Tels sont quelques-uns des commentaires lancés par l’extrême droite serbe à propos de la nouvelle Loi sur l’égalité des genres, qui prévoit de rendre obligatoire l’emploi d’une langue sensible au genre dans les médias. De fait, l’utilisation de formes féminines pour les métiers, comme « psihološkinja » (psychologue), « epidemiološkinja » (épidémiologiste), « sudinica » (juge) se heurte à l’opposition de certains linguistes, dont les arguments sont de nature moins scientifique que politico-idéologique. « (...)

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