Serbie : la mort d’un ouvrier et les fantômes de la dérégulation

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Un homme est mort, sur un chantier de Belgrade. Comme des milliers d’autres, il travaillait au noir, sans tenue de protection, mais pour un investisseur « très sérieux ». En 2014, le gouvernement serbe assouplissait la législation sur le travail, afin « d’inciter » les employeurs à mieux déclarer leurs employés. Au nombre de morts qui s’accumulent, l’objectif n’est pas atteint.

Ce 29 août, l’ouvrier du bâtiment N.T. a trouvé la mort sur un chantier dans le centre de Belgrade : l’un des murs de l’ancienne ambassade américaine s’est effondré sur lui. N.T. n’était pas déclaré. Il travaillait à la construction d’un complexe résidentiel de luxe, Knez Miloš Residence, construit par l’entreprise israélienne KMR Development. Les autorités ayant manifestement à cœur de préserver les intérêts de l’investisseur, toute l’affaire a rapidement viré en promotion de ces onéreux mètres carrés en plein centre-ville. Les hommes politiques se sont hâtés d’oublier l’ouvrier décédé, et le fait qu’il travaillait au noir ne concernait ni l’État, ni l’investisseur (...)

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