Serbie : ce lanceur d’alerte qui dénonce les scandales des ventes d’armes

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Son honnêteté lui a coûté cher : depuis qu’il a partagé des documents révélant une affaire de corruption impliquant le père du ministre de l’Intérieur dans des ventes d’armes, Aleksandar Obradović a vu sa vie tourner au cauchemar. Aux yeux de l’État, il n’est pas un lanceur d’alerte, mais un « espion ». Lui-même estime n’avoir accompli que son devoir de citoyen. Portrait.

Par Milica Čubrilo Filipović « C’est un cri de conscience. » Stoïque et affable, Aleksandar Obradović, 40 ans, employé de l’usine d’armes Krušik, à Valjevo, reçoit dans son modeste appartement d’un immeuble sans âme du centre de cette ville, située à une petite centaine de kilomètres de Belgrade. « J’ai voulu dénoncer un système de pompage d’argent mis en place dans mon usine au profit de familles proches du sommet de l’État. » Le lanceur d’alerte a éclaboussé les protégés du pouvoir du Président serbe Aleksandar Vučić. Il en paie aujourd’hui le prix : relâché sous pression de l’opinion, il est en résidence surveillée, interdit d’Internet, suspendu de son (...)

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