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Le Parlement européen adopte deux textes sur les pays « sûrs » et l’externalisation de l’asile
10 février - 17h30 : Le Parlement européen a adopté mardi deux textes phares durcissant la politique migratoire. Ils permettront notamment aux États membres de l’Union européenne de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires, mais que l’Europe considère comme « sûrs ».
Le premier concerne l’établissement d’une nouvelle liste de pays tiers considérés comme « sûrs » par l’Union européenne (UE). Il s’agit du Kosovo, du Bangladesh, de la Colombie, de l’Égypte, de l’lnde, du Maroc et de la Tunisie. Cette liste avait été proposée en avril 2025. Elle a donc été définitivement adoptée par le Parlement mardi. Ces pays sont considérés « comme des pays sûrs pour leurs propres ressortissants » Les demandeurs d’asile de ces pays verront leur dossier examiné de « façon accélérée ». En cas de rejet, leur expulsion devrait être aussi plus rapide.
Le Parlement rappelle toutefois que certaines catégories de personnes restent vulnérables même dans des pays dits sûrs. « Il convient d’accorder une attention particulière aux demandeurs qui se trouvent dans une situation particulière dans ces pays, tels que les personnes LGBTQI, les victimes de violences sexistes, les défenseurs des droits de l’homme, les minorités religieuses et les journalistes », précise le Parlement dans ses conclusions, qui rappelle aussi que les pays « candidats à l’adhésion à l’UE » comme l’Albanie, la Turquie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie ou le Monténégro sont « présumés sûrs ».
Par ailleurs, les États membres de l’UE pourront renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires mais que l’Europe considère comme « sûrs ». « De nouvelles conditions permett[ent] aux États membres de l’UE de décider si un pays est sûr pour les demandeurs qui ne sont pas ressortissants de ce pays [...] Les pays européens pourront conclure des accords avec des pays tiers dans lesquels les demandes de protection seront examinées. »
Le Commissaire européen Magnus Brunner soutient l’accord Italie-Albanie
10 février - 14h15 : Lors d’un récent déplacement au Monténégro et en Albanie, le commissaire européen à la migration, Magnus Brunner, a confirmé que l’accord italo-albanais, visant à créer une plateforme de retour en Albanie, était conforme aux nouvelles règles de l’UE en matière de migration et d’asile. « En 2025, l’UE a démontré sa capacité à tenir ses engagements en matière de migration », a déclaré le commissaire Magnus Brunner lors d’un entretien avec Euronews Albania, publié le 7 février. « Nous mettons actuellement en œuvre la plus grande réforme en matière de migration et d’asile jamais entreprise en Europe », a-t-il ajouté, faisant référence au déploiement du nouveau pacte qui débutera dans le courant de l’année.
« Cette réforme prévoit également de nouvelles règles pour les personnes n’ayant pas le droit de séjourner dans l’UE. L’année dernière, seule une personne sur cinq ayant reçu un ordre de quitter le territoire est rentrée. C’est inacceptable. C’est pourquoi nous avons proposé un ensemble ambitieux de nouvelles règles, déjà approuvées par les États membres de l’UE. »
Interrogé sur la coopération albanaise avec l’UE en matière de gestion des migrations, Magnus Brunner a déclaré : « les chiffres parlent d’eux-mêmes : une réduction de 95 % des arrivées illégales sur la route des Balkans occidentaux, l’Albanie étant le premier pays candidat à l’élargissement à avoir adopté, en janvier 2026, un plan d’action Schengen, et la mise en œuvre d’une feuille de route pour l’harmonisation des visas en novembre 2025. Tous ces engagements ouvrent la voie à l’adhésion à l’UE et à l’intégration au plus vaste espace de libre circulation au monde. »
La police croate encore accusée de pratiquer des pushbacks vers la Bosnie-Herégovine
9 février - 16h : Les médias bosniens rapportent que des membres de la police croate des frontières de Donji Laplac ont transféré illégalement, dimanche matin, dix migrants égyptiens vers la Bosnie-Herzégovine. Ceux-ci auraient subi des violences physiques avant leur transfert, ils ont été transférés en Bosnie-Herzégovine pieds nus, vêtus de manière inappropriée, sans aucun document officiel et sans que la procédure légale ne soit respectée.
Les portails d’information bosniens affirment qu’il s’agit de la poursuite de la politique de refoulement, qui consiste à renvoyer illégalement en Bosnie-Herzégovine des migrants ayant trouvé refuge en Croatie, sans procédure de réadmission régulière ni évaluation individuelle de leur situation. Cette pratique est dénoncée depuis des années par de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains, qui mettent en garde contre des violations systématiques des droits des migrants aux frontières extérieures de l’Union européenne.
Le ministère de l’Intérieur croate a rejeté ces allégations, expliquant que deux groupes de migrants auraient tenté d’entrer illégalement en Croatie dans la zone du poste de police des frontières de Gornji Lapac pendant la nuit, mais que dès qu’ils ont aperçu les patrouilles de la police croate, ils se seraient repliés sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine.
Nouvelles arrivées en Crète
8 février - 14h30 : Les autorités crétoises ont annoncé dimanche que 27 migrants supplémentaires avaient atteint les côtes sud de l’île après une longue et périlleuse traversée depuis l’Afrique du Nord. Les garde-côtes ont précisé que l’un d’eux a dû être hospitalisé pour une raison non précisée. Les 26 hommes et la femme ont été découverts samedi sur la plage de Psari Forada, près de Kali Limenes.
Un Soudanais de 21 ans, a été arrêté, soupçonné d’être le pilote de l’embarcation et d’appartenir à un réseau de passeurs ayant organisé le voyage depuis Tobrouk, dans l’est de la Libye. Les garde-côtes ont précisé que l’embarcation avait quitté la Libye mardi soir.
La Crète est devenue une étape incontournable sur la route migratoire reliant la Libye à l’Europe. Plus de 300 personnes y sont arrivées depuis le début de l’année, selon les données des Nations Unies. Vendredi, un groupe de 43 migrants, majoritairement mineurs, a été secouru à bord d’une petite embarcation au sud de la Crète.
Deux morts sur la frontière entre Grèce et Turquie
8 février - 10h : Deux hommes, vraisemblablement des migrants, ont été retrouvés morts dans la nuit de samedi à dimanche près de la ville de Didymoteicho, dans la région frontalière de l’Évros. La chaîne de télévision publique ERT a indiqué que les deux hommes, âgés d’une trentaine à une quarantaine d’années, ont été découverts près des rives de l’Évros, fleuve qui sépare la Grèce et la Turquie et dont le niveau est actuellement en crue suite aux fortes pluies. Transportés à l’hôpital tôt dimanche matin, leur décès a été constaté.
La police enquête sur l’affaire et une autopsie a été ordonnée afin de déterminer les causes de leur mort. L’Évros atteint une profondeur d’environ six mètres à l’endroit où les corps ont été retrouvés, et les températures sont très basses pour la saison.
La Cour européenne de Justice condamne la Serbie pour l’expulsion de réfugiés afghans
5 février - 21h45 : La Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg (CEJ) a jugé le 3 février que la Serbie avait violé les droits humains de plus de vingt demandeurs d’asile afghans, expulsés de nuit vers la Bulgarie en 2017. La Cour constitutionnelle de Serbie s’est également prononcée sur cette affaire en 2020, concluant que des policiers avaient traité ces demandeurs d’asile afghans, dont quatre enfants de moins de cinq ans et trois de moins de sept ans, de manière inhumaine.
En février 2017, la police serbe avait arrêté des migrants afghans à la frontière bulgare, les soupçonnant de franchissement illégal de frontière, et les avait placés en détention. Ils ont ensuite été présentés devant un juge d’instruction à Pirot, dans le sud-est de la Serbie, où ils ont déposé une demande d’asile. Les poursuites engagées contre eux ont alors été suspendues. La police a reçu l’ordre de délivrer à chacun un certificat de déclaration d’intention de demander l’asile, afin qu’ils puissent être orientés vers un centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Malgré cela, des policiers les ont escortés jusqu’à la frontière de nuit et les ont expulsés vers la Bulgarie.
La CEJ a constaté que les requérants avaient été détenus en Serbie dans des conditions indignes. La Cour a également partagé l’avis de la Cour constitutionnelle de Serbie selon lequel les conditions de leur expulsion de Serbie constituaient un « traitement inhumain et dégradant ». (Les demandeurs d’asile) « ont affirmé que l’expulsion avait été effectuée de nuit, par basses températures, et qu’elle avait impliqué l’usage d’une force physique excessive », indique l’arrêt.
La Cour a également constaté que les demandeurs d’asile avaient été expulsés vers la Bulgarie sans procédure adéquate permettant de vérifier s’ils auraient accès à une procédure d’asile appropriée en Bulgarie. La CEJ a condamné la Serbie à verser cinq mille euros, plus les frais de justice, à deux demandeurs d’asile, car seuls deux d’entre eux étaient restés en contact avec la Cour.
Grèce : un Marocain arrêté après la meurtrière collision avec les garde-côtes
5 février - 15h45 : Un Marocain de 31 ans a été arrêté mercredi soir sur l’île de Chios a annoncé jeudi 5 février la garde côtière grecque. L’homme, actuellement hospitalisé, a été désigné par des rescapés afghans comme étant un passeur. Il va être présenté jeudi à un juge d’instruction pour « facilitation d’entrée illégale sur le territoire grec », « refus d’obtempérer » et « provocation de naufrage ».
Mardi soir, une violente collision entre un patrouilleur des gardes-côtes grecs et une embarcation de migrants près de Chios a causé la mort d’au moins quinze exilés. Vingt migrants, dont dix enfants, sont par ailleurs toujours hospitalisés. Deux femmes enceintes ont perdu leur fœtus dans l’accident, selon la presse grecque.
Selon Thanos Plevris, le ministre des Migrations, issu de l’extrême droite, « les gardes-côtes ont repéré le bateau des migrants et lui ont ordonné de s’arrêter mais les passeurs ont fait un virage pour s’échapper et ont percuté le patrouilleur ». Les migrants étaient à bord « d’une vedette à grande vitesse sans feux de navigation dont le pilote n’avait pas obtempéré aux signaux lumineux et sonores des gardes-côtes », indique par ailleurs un communiqué de la police qui précise : « il a fait demi-tour et la vedette est entrée en collision avec le flanc droit du patrouilleur des gardes-côtes (...) et, sous la violence de l’impact, la vedette des migrants a chaviré et coulé. »
Grèce : au moins quinze morts dans la collision d’un canot avec un bateau des garde-côtes
4 février - 18h : Quinze migrants, dont quatre femmes, ont été tués mardi 3 février dans la soirée dans la collision de leur embarcation avec un bateau des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, en mer Égée. « En raison de la violence de la collision, le canot a chaviré et coulé, entraînant la chute de tous ses passagers dans la mer », précise le communiqué des garde-côtes.
Deux gardes-côtes grecs ont été transférés à l’hôpital général de Chios, ainsi que 25 migrants secourus. Parmi les blessés figurent onze mineurs et sept femmes. Une des femmes est décédée par la suite. Les rescapés sont des ressortissants afghans, a indiqué Christos Tsiachris, président de l’hôpital de Chios, cité par la télévision publique Ert. Quatorze corps (onze hommes et trois femmes) ont été sortis de l’eau par les secours. « Les dépouilles ont été transportées par les bateaux de sauvetage au port, puis à l’hôpital Skylitseio pour y subir une autopsie », précisent les autorités.
Le nombre total de migrants à bord n’est pas pour l’instant connu et une opération de sauvetage au large de Chios avec cinq patrouilleurs et un hélicoptère de la police portuaire est en cours ce mercredi matin pour tenter de retrouver les personnes portées disparues.
La Grèce va ouvrir trois centres d’accueil en Crète
3 février - 19h : Le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, a annoncé, lundi 2 février, que trois centres pour migrants allaient prochainement ouvrir en Crète. Le premier sera construit à l’est de l’île, dans la zone industrielle d’Héraklion ; le second à l’ouest, dans l’ancien centre d’exposition de la Canée, qui sert déjà de structure d’accueil. Les deux sites, temporaires en fonction du flux migratoire, devraient être opérationnels d’ici le printemps prochain, a précisé le ministre. Le troisième sera permanent, sa localisation n’a pas été précisée.
La Crète, confrontée à une forte hausse des arrivées de migrants l’an dernier, ne dispose pas de centres d’accueil. Les exilés qui viennent de débarquer peuvent passer quelques nuits sur l’île avant d’être rapidement transférés en Grèce continentale. Dans ces trois nouveaux sites, les autorités procéderont à un examen de la situation du demandeur d’asile. Les personnes dont la demande de protection a peu de chances d’aboutir, selon les critères d’Athènes, seront transférées dans des centres de détention en attendant le traitement accéléré de leur dossier, puis leur éventuelle expulsion du territoire grec. Les autres seront prises en charge dans le système d’accueil classique des demandeurs d’asile.
Le gouvernement vise particulièrement les ressortissants d’Égypte, du Pakistan et du Bangladesh. « La plupart n’ont pas le droit à l’asile », a insisté Thanos Plevris. La Grèce est par ailleurs en pourparlers avec ces trois États pour faciliter le retour de ces migrants dans leur pays d’origine. En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés en Crète et sur la petite île voisine de Gavdos, contre un peu plus de 5000 en 2024, soit une hausse de plus de 200 %. Parmi ces personnes, 7 300 étaient originaires du Soudan, plus de 7000 d’Égypte et 3500 du Bangladesh, d’après les données du ministre des Migrations.
Un important réseau de trafiquants démantelé en Bulgarie
30 janvier - 18h : Les polices bulgare et grecque ont démantelé un réseau de passeurs qui acheminait des migrants de Turquie vers l’Europe occidentale via la Bulgarie, à l’issue d’une longue enquête. Ce réseau criminel utilisait la Bulgarie comme pays de transit, organisant les voyages étape par étape, a annoncé Europol dans un communiqué publié jeudi 29 janvier. Lors de perquisitions coordonnées, la police a arrêté seize personnes et mené des perquisitions dans six lieux. Les agents ont saisi des téléphones portables, des documents, des papiers de véhicules et des notes manuscrites détaillant les itinéraires, les paiements et les contacts.
Selon Europol, des recruteurs en Turquie contactaient les migrants et organisaient les paiements avant le départ. Les migrants réglaient une partie du prix via des systèmes de transfert d’argent informels, souvent utilisés par les passeurs pour contourner les banques et les registres officiels. Les passeurs conduisaient ensuite les migrants à pied à travers la frontière sud de la Bulgarie, en évitant les points de passage officiels. Une fois en Bulgarie, Europol indique que des chauffeurs les récupéraient à des endroits convenus et les transportaient en voiture ou en bus vers Sofia, la capitale. Certains migrants étaient hébergés temporairement à Sofia et dans ses environs. D’autres poursuivaient immédiatement leur route vers les frontières serbe ou roumaine, sans s’arrêter dans la capitale. De là, différents réseaux de passeurs prenaient le relais et poursuivaient le voyage vers les pays d’Europe occidentale.
La police affirme qu’un noyau dur basé à Sofia coordonnait l’opération en Bulgarie. Ses membres, Bulgares et Syriens, se répartissaient les tâches : certains s’occupaient du transport, d’autres de l’hébergement, et d’autres encore restaient en contact avec les réseaux de passeurs dans les pays voisins. Cette structure a permis au réseau de déplacer rapidement les personnes et de gérer les paiements transfrontaliers.
Croatie : des demandeurs d’asile détenus au contre de Ježevo en grève de la faim
28 janvier - 9h30 : Plusieurs demandeurs d’asile du centre d’accueil de Ježevo, à une vingtaine de kilomètres de Zagreb, ont entamé une grève de la faim le 20 janvier, se déclarant victimes de « privation de liberté arbitraire et prolongée, sans explication ni preuve ». Or, écrivent-ils dans une lettre rendue publique par Novosti, « le lendemain du début de la grève de la faim, des agents de sécurité sont entrés dans le camp. Ils ont indiqué que si la protestation n’était pas stoppée, une unité spéciale de police se présenterait sur place le jour suivant ; les détenus seraient battus et transférés de force vers d’autres centres et prisons. Sous cette pression, la plupart des demandeurs ont été contraints de mettre fin à leur grève de la faim. »
Malgré ces pressions, certains demandeurs ont poursuivi leur grève les jours suivants. La plupart sont originaires du Caucase du Nord, plus précisément de la Fédération de Russie. Ils ont fui sous la menace de mobilisation ou d’expulsion, accusés d’agir contre le régime de Vladimir Poutine. « Nous avons été détenus dans ce centre de détention fermé sous prétexte de ’sécurité nationale’ pendant trois mois, période après laquelle la détention a été automatiquement prolongée. Nous avons été détenus sans aucune preuve, sur la base d’accusations infondées. Autrement dit, l’Europe a emprisonné des personnes qui avaient fui les persécutions, la torture, l’emprisonnement et l’enrôlement forcé dans la guerre contre l’Ukraine. »
Serbie : un mémorial aux migrants décédés en tranversant la Drina à Loznica
27 janvier - 18h : 28 pierres tombales ont été dévoilées ce 27 janvier au cimetière de Loznica en mémoire des migrants et réfugiés ayant péri en tentant de la Drina, qui fait frontière entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. La cérémonie, organisée par plusieurs associations, s’est déroulée en présence de représentants religieux. « Ces stèles sont dédiées aux victimes connues et inconnues, à celles dont les noms ont été oubliés, mais dont la dignité et les souffrances ne doivent pas être oubliées », ont déclaré les organisateurs.
Des représentants de la communauté musulmane, le cardinal Ladislav Nemet, chef de l’Église catholique romaine de Serbie, et des représentants de l’Association pour la promotion de l’action humanitaire Djeluj.ba, de SOS Balkanroute et de Leave No One Behind – ont assisté à la cérémonie.
La Grèce renforce les sanctions contre le trafic de migrants
27 janvier - 16h30 : Samedi 24 janvier, le ministère grec des Migrations a déposé au Parlement un nouveau projet de loi visant à durcir les sanctions contre les trafiquants de migrants. Les personnes reconnues coupables pourraient être condamnées à la prison à vie. Outre le durcissement des peines pour les passeurs, les migrants condamnés pour ces infractions pourraient être expulsés directement, a averti le gouvernement. L’assistance apportée aux migrants en situation irrégulière par des migrants en situation régulière sera également criminalisée, a averti le ministre des Migrations, Thanos Plevris.
Le gouvernement ne s’attaque pas seulement aux passeurs et aux migrants en situation irrégulière, mais aussi aux travailleurs humanitaires qu’il considère comme complices de l’immigration clandestine. Les peines infligées aux employés d’ONG poursuivis pour trafic de migrants pourraient également être alourdies, a précisé le ministère. Le projet de loi est actuellement examiné par le Parlement grec.
Grèce : deux morts, dont un enfant, dans un nouveau naufrage
25 janvier - 18h50 : Une femme et un petit garçon ont été retrouvés morts au large de l’île grecque d’Ikaria, dans le nord de la mer Égée, après le naufrage d’une embarcation transportant plus de 50 migrants, dimanche 25 janvier.
« Cinquante migrants ont été repêchés et sont pris en charge par les autorités, mais trois autres personnes restent portées disparues », a précisé une porte-parole des garde-côtes. « Une opération de sauvetage avec un navire des garde-côtes est en cours tandis qu’une équipe de sauveteurs et de plongeurs est attendue dans la journée. » Les vents violents de force 6 sur l’échelle de Beaufort rendent les secours difficiles selon la chaîne de télévision publique Ert.
Grèce : 79 migrants arrivent à Gavdos
21 janvier - 8h : Un petit bateau de migrants transportant 79 personnes a atteint l’île grecque de Gavdos, dans le sud du pays. Deux de ses passagers ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir facilité la traversée illégale. On observe une recrudescence des arrivées dans les îles du sud de la Grèce après une relative accalmie durant la majeure partie du second semestre 2025.
Les garde-côtes grecs ont indiqué que les deux personnes interpellées étaient des Somaliens de 19 et 23 ans, qui auraient été payés pour conduire le bateau jusqu’à Gavdos. On ignore pour l’instant s’ils font partie d’un réseau de passeurs. L’embarcation aurait quitté Tobrouk, dans l’est de la Libye, l’un des principaux points de départ des migrants dans ce pays d’Afrique du Nord.
Frontex : baisse de 25% des entrées irrégulières dans l’UE en 2025
19 janvier - 9h : L’agence européenne Frontex a enregistré un peu moins de 178 000 entrées irrégulières aux frontières extérieures de l’Union en 2025, soit le total annuel le plus bas depuis 2021. Cependant, certaines routes migratoires ont été utilisées plus fréquemment en 2025.
Les corridors des Balkans occidentaux ont enregistré une baisse de 4 %, tandis que les mouvements irréguliers à la frontière terrestre orientale de l’Union avec le Bélarus ont diminué de 37%. Les arrivées irrégulières via la route ouest-africaine ont chuté de 63%, soit la baisse la plus marquée, liée à la diminution des départs de Mauritanie, du Maroc et du Sénégal.
Selon Frontex, les opérations, notamment le lancement d’une nouvelle opération conjointe en Bosnie-Herzégovine en novembre 2025 et le renforcement du soutien opérationnel sur le terrain, ont contribué à la forte baisse des arrivées irrégulières sur la route des Balkans occidentaux.
Slovénie : forte baisse des entrées irrégulières
17 janvier - 18h45 : L’année dernière, la police slovène a traité 28 200 cas d’entrée irrégulière, soit une diminution de près de 40% par rapport à 2024, chiffre qui était déjà le plus bas depuis quatre ans. L’immigration clandestine en Slovénie est en baisse depuis le rétablissement des contrôles policiers à ses frontières intérieures Schengen avec la Croatie et la Hongrie en octobre 2023. Cette mesure a été prolongée jusqu’au 21 juin 2026
La plupart des migrants illégaux interceptés en Slovénie l’année dernière provenaient d’Afghanistan (4046), d’Égypte (3169), du Bangladesh (3148) et du Maroc (2846). Si le nombre d’Afghans a diminué de 44%, celui des ressortissants du Bangladesh et d’Égypte, notamment, a augmenté. Les statistiques suggèrent une modification des itinéraires migratoires à la frontière sud. Le commissariat de police de Novo Mesto a traité 72 % des cas, mais ce chiffre est en nette baisse par rapport à 2024, tandis que celui des autres commissariats compétents a augmenté.
L’année dernière, plus de 25 519 étrangers ont déclaré vouloir demander une protection internationale, mais en réalité, seuls 4172 ont déposé une demande d’asile, soit un quart de moins qu’en 2024. Au total, 4359 dossiers ont été traités en 2025 : 71 demandes ont été acceptées et 154 rejetées. Dans la plupart des cas (2464), la procédure a été interrompue, principalement parce que les demandeurs avaient quitté le pays, ou parce que les demandes ont été jugées irrecevables (1670).
Selon les chiffres officiels au 14 janvier, on comptait en Slovénie 759 demandeurs d’asile et 1278 personnes ayant obtenu l’asile. Parmi ces dernières, 163 résidaient à l’étranger.
Les États-Unis suspendent les visas pour 75 pays, dont l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine du Nord, la Moldavie et le Monténégro
15 janvier - 7h30 : « Les États-Unis gèlent toutes les procédures de visas pour 75 pays dont les migrants ont recours à l’aide sociale américaine à un taux inacceptable », a confirmé la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt sur X, en renvoyant vers un article publié sur le site internet de la chaîne Fox News.
Parmi ces 75 pays, figurent l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Moldavie, le Monténégro, le Kosovo et la Macédoine du Nord. La liste des pays européens comprend également l’Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, l’Arménie et la Russie.
Selon Fox News, la suspension du traitement des visas d’immigrant en provenance de 75 pays entrera en vigueur le 21 janvier. Le site précise que le mémorandum ordonne aux ambassades américaines de refuser les visas conformément à la législation en vigueur, le temps que le Département d’État réexamine ses procédures.
Grèce : le corps d’une fillette soudanaise retrouvée sur une plage de Samos
12 janvier - 19h : Le corps d’une fillette de sept ans, de nationalité soudanaise, a été retrouvée sur une plage de l’île de Samos. « Le corps a été transféré à l’hôpital général de Samos pour une autopsie. La fillette a été identifiée par sa mère grâce à ses vêtements », précise le communiqué publié le 9 janvier par les gardes-côtes grecs.
Le 25 décembre, la mère avait déclaré aux gardes-côtes que sa fille était tombée à la mer près de Farmakonisi, une île grecque située à 40 kilomètres au sud de Samos, alors qu’un groupe de migrants traversait la mer Égée depuis la Turquie continentale. L’île grecque est située à moins de 10 km des côtes turques, mais les naufrages sont fréquents.
Lundi 29 décembre, les gardes-côtes grecs avaient déjà repêché le corps d’une femme de 22 ans lors d’une opération de recherche et de sauvetage menée au nord de l’île de Samos. Samedi 6 décembre, 17 migrants, tous des hommes, ont été retrouvés morts après le naufrage de leur embarcation au large de la Crète. En novembre, au moins trois personnes sont également mortes dans le naufrage de leur canot au sud de la Crète. Et en octobre, deux corps de femmes ont été retrouvées sur une côte rocheuse de l’île de Chios, où une embarcation de fortune transportant 29 migrants s’était échouée.
Plus de 6000 travailleurs étrangers ont obtenu un permis en Macédoine du Nord
12 janvier - 16h : 6128 travailleurs étrangers ont obtenu un permis de séjour temporaire en Macédoine du Nord en 2025. Ce chiffre est trois fois et demie supérieur à celui d’il y a cinq ans, où 1704 personnes avaient reçu un permis de travail.
Les secteurs qui recherchent le plus de main-d’œuvre étrangère sont la construction, l’industrie manufacturière, l’hôtellerie-restauration, ainsi que le commerce de gros et de détail. Les Turcs sont majoritaires, et les ressortissants du Népal, du Bangladesh et de l’Inde sont de plus en plus nombreux à obtenir un permis de travail.
Bosnie-Herzégovine : gravement gelés, trois Soudanais ont été amputés
8 janvier - 18h : Trois ressortissants soudanais, retrouvés grièvement blessés à la mi-décembre près de Bihać, dans le nord-ouest de la Bosnie, non loin de la frontière croate, se rétablissent actuellement dans un établissement pour personnes âgées et personnes handicapées à Sarajevo, après avoir reçu des soins médicaux d’urgence à Tuzla.
« Les trois hommes ont subi l’amputation des deux jambes sous le genou en raison de graves gelures. De plus, deux d’entre eux ont également été amputés de doigts et de parties de leurs mains », a déclaré Nihad Suljić, fondateur de l’association locale Djeluj.ba, qui vient en aide aux migrants et aux réfugiés et contribue au signalement des personnes disparues, cité par InfoMigrants.
Les trois migrants soudanais, retrouvés sans chaussures ni vêtements chauds, ont été aperçus près de Bihać par des habitants qui ont alerté la police, a déclaré Adnan Habibija, ministre de l’Intérieur du canton d’Una-Sana. La police bosnienne a ouvert une enquête.
Les Égyptiens, première nationalité africaine a rejoindre les côtes européennes en 2025
6 janvier - 9h40 : Le Haut-commissariat des réfugiés aux Nations unies (HCR) a comptabilisé 9000 migrants égyptiens ayant rejoint les côtes italiennes, et 7000 les côtes grecques - notamment crétoises - en 2025. Au total, donc, 16 000 ressortissants de ce pays d’Afrique du Nord ont atteint clandestinement le Vieux continent via la Méditerranée, ce qui place les Égyptiens à la première place des nationalités africaines à atteindre illégalement l’Union européenne.
Frontex fait le même constat. « Selon les dernières statistiques pour les 11 premiers mois de 2025, le nombre total de passages frontaliers irréguliers par des ressortissants égyptiens s’élevait à 17 200 », précise l’agence à InfoMigrants.
Moins de 10 000 migrants enregistrés en Serbie en 2025
2 janvier -16h30 : Le Commissariat serbe aux réfugiés et aux migrations a enregistré 9567 migrants en 2025, a annoncé lcet organisme d’État le 2 janvier. Les migrants transitant par la Serbie proviennent le plus souvent d’Afghanistan, d’Égypte, du Maroc, de Turquie et de Syrie. Six centres d’accueil et d’asile sont actuellement opérationnels et hébergent 235 personnes.
Selon les dernières données, le nombre de migrants enregistrés en Serbie en 2025 a diminué de près de 50% par rapport à l’année précédente. « La situation migratoire en Serbie est stable. Toutes les institutions compétentes coopèrent étroitement afin de suivre de manière responsable les flux migratoires et de les gérer efficacement », a affirmé le Commissariat.
D’après les informations officielles des autorités serbes, depuis le début de la crise migratoire mondiale en 2015, plus d’un million et demi de migrants ont transité par la Serbie via la route des Balkans.










