Kosovo : ces ombres qui planent au-dessus des enfants de la diaspora

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Grandir loin de la terre de ses ancêtres, c’est le lot des enfants de toutes les diasporas. Pour ceux du Kosovo, la guerre est venue jeter son ombre sur ce déchirement. Née à Suhareka, Jehona Kicaj s’est installée en Allemagne en 1993 avec ses parents. Témoignage.

Par Jehona Kicaj On nous appelle « la diaspora ». Ce mot, qui vient du grec ancien, signifiait à l’origine « dispersion, dissémination ». Aujourd’hui, on l’utilise pour qualifier les gens qui vivent loin de la terre de leurs ancêtres. Mais ce n’est pas seulement le peuple qui est fragmenté, ce sont aussi les individus. Personnellement, je ne sais pas à quel territoire j’appartiens. Je viens d’un endroit qui a été ravagé par la guerre. Je suis née dans une maison qui a été incendiée. Petite, j’ai entendu des berceuses qui m’étaient chantées dans une langue interdite. La guerre a avalé mon enfance, elle a abîmé mes souvenirs. Que reste-t-il à (...)

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