La révolution roumaine 30 ans après : faire disparaître les traces de la répression

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C’est l’une des opérations les plus macabres de la révolution roumaine de 1989. Son nom de code : « Trandafirul », « la rose ». L’objectif était de faire disparaître les cadavres des victimes de la répression du 17 décembre. Une manipulation qui fut le déclencheur de la fameuse affaire des « charniers de Timișoara ». Retour sur les lieux du crime.

Texte : Florentin Cassonnet / Illustration : Ophélie Paris Il y a encore dix ans, il n’y avait rien sur ce terrain, juste un trou bétonné au fond duquel on pouvait entendre couler un peu d’eau. Nous sommes au bord d’une route du fin fond de la banlieue de Bucarest, dans une bourgade du nom de Popești-Leordeni. La dalle en béton est toujours là, le trou aussi, il suffit de se pencher pour entendre l’eau ruisseler. Mais désormais le terrain est aménagé, avec une église en bois montée sur des pilotis, quatre rangs de onze stèles et un monument aux morts surmonté d’une croix. Deux chiens vadrouillent librement entre cette étroite parcelle et le grand (...)

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