Yougoslavie : Goli Otok, ce camp que tout le monde préfère oublier

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C’était l’île-prison la plus célèbre de la Yougoslavie de Tito, mais aucun musée n’a vu le jour pour expliquer ce qui s’y est passé et quels furent ses victimes. Goli Otok, un rocher perdu au milieu de l’Adriatique, continue d’être le « trou noir » de la mémoire collective yougoslave.

Traduit et adapté par Chloé Billon (article original) Dragan Miler-Ozren a été exécuté à Goli Otok le 27 février 1951. Descendant d’une vieille famille bourgeoise d’Osijek, les Čačinović, Dragan Miler-Ozren, architecte de formation, parlait huit langues, jouait du piano et avait étudié au lycée archiépiscopal de Travnik, ainsi qu’à la prestigieuse École technique supérieure de Prague. Il fréquentait l’avant-garde tchèque, André Breton, Georg Lukács et Desanka Maksimović. À tous points de vue, il fut une victime « bourgeoise » idéale du communisme yougoslave. Mais il y a un hic : Dragan Miler-Ozren était lui-même communiste. Et pas n’importe lequel : un (...)

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